L’affaire avait éclaté en pleine campagne présidentielle et fait beaucoup de bruit. En janvier 2007 Le Canard enchaîné révélait que la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) avait mené une enquête sur un conseiller de Ségolène Royal, Bruno Rebelle, et ce sur instruction du cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et candidat lui aussi. Tollé immédiat, le PS réclamant même la démission de Sarkozy, l’accusant d’utiliser les moyens de l’Etat pour sa campagne.
Ce dossier vient de connaître, un développement judiciaire. Chargée d’une enquête censée identifier la « source » de la fuite dans la presse, la juge Michèle Ganascia a procédé, hier, à l’audition d’un officier des RG, Thierry T. C’est lui que la police des polices, puis la magistrate, suspectent d’être la « taupe ». Le 11 mai 2007 il était mis en examen pour « violation du secret professionnel » et suspendu de ses fonctions.
Depuis, il ne cesse de clamer son innocence. Les éléments retenus à son encontre apparaissent effectivement bien minces.
Un lampiste…
Il aurait, en premier lieu, imprimé la fameuse note des RG sur Rebelle — preuve qu’elle existait bel et bien — sur son ordinateur de bureau. Mais plusieurs de ses collègues ont fait de même, avant le battage médiatique autour de l’affaire. Ensuite, Thierry T. a été en contact avec plusieurs journalistes (qui ont d’ailleurs été entendus par la police puis par la juge). Mais le fonctionnaire de police explique ses relations, de longue date, avec les médias par sa qualité de délégué syndical de Sud-Intérieur. Ce syndicat, clairement marqué à gauche, porte des revendications des forces de l’ordre qu’il entend, comme les autres centrales, relayer dans la presse.
Une note qui circulait beaucoup
Enfin, France-Soir est en mesure d’apporter un nouvel élément au dossier. Quelques jours après le déclenchement de l’affaire, le 25 janvier 2007, avait
lieu la cérémonie des vœux de la DCRG dans ses locaux, alors installés au sein même du ministère. Tout le gratin policier était présent. Or, comme nous avons pu le constater, la note Rebelle a
largement circulé parmi les invités à cette occasion. Mieux, elle a même été remise en mains propres au dirigeant d’un important syndicat de police par un membre très haut placé de la direction
des RG. En clair, un chef de la DCRG a lui-même pris l’initiative de transmettre à l’extérieur la note confidentielle de ses services.
Thierry T., le suspect numéro 1, est donc loin d’être le seul à avoir eu connaissance de ce sulfureux document. Mais il est le seul à être poursuivi. Un an après sa mise en examen, il a enfin
été entendu hier. Sans doute a-t-il pu fournir des explications, pour la première fois.
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