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Les menaces de réduction drastique des financements publics de nombre d’entreprises du spectacle vivant sont les conséquences directes de la politique culturelle du Président N. Sarkozy et du
budget 2008 du Ministère de la culture. Ainsi, dès aujourd’hui des maisons d’Opéra (Avignon, Metz et Tours) sont directement visées, sans démentis du Ministère de la culture, et les bruits les
plus alarmistes circulent sur le sort réservé à de nombreuses entreprises de création.
Pourtant créer, produire un opéra nécessite de mettre en oeuvre de très nombreux artistes sur scène : chanteuses et chanteurs solistes, choeur, musiciens d’orchestre, danseuses et danseurs mais aussi techniciens et créateurs : scénographie, costumes, décors, maquillages…
Cela génère des budgets de création très importants, les plus conséquents du spectacle vivant. L’essor de l’Art lyrique et de l’Opéra a été rendu possible par une politique culturelle de l’État et des collectivités territoriales déterminées et une intervention publique forte.
Le saccage du régime spécifique d’assurance chômage des salariés intermittents par les « réformes » de 2003 et 2006 et les nouvelles orientations du Gouvernement Sarkozy risquent de remettre en cause la vitalité de la création, de la diversité et de l’offre culturelle.
Dans sa lettre de mission à la ministre de la culture, madame Christine Albanel, le Président N. Sarkozy indique : « La démocratisation culturelle, c’est enfin veiller à ce que les aides publiques favorisent une offre répondant aux attentes du publics. Vous exigerez de chaque structure subventionnée qu’elle rende compte de la popularité de ses interventions » et de leur fixer « des obligations de résultats (conditionnant) la reconduction des aides (…) et de réallouer les moyens publics des politiques inutiles ou inefficaces… »
Cette nouvelle politique culturelle de l’État reposant sur l’audimat veut imposer des critères de rentabilité à la création, ce que concrétise le catastrophique budget de la culture pour 2008. Dans les prochains jours la Fédération du Spectacle Cgt, le Sfa, le Snam et le Synptac, en liaison avec la Cgt et tous ceux, professionnels ou non qui sont attachés à la création artistique, le spectacle vivant et la diversité culturelle, prendront les initiatives de mobilisation indispensables contre le désengagement de l’État et pour l’adoption d’une loi d’orientation et de programmation pour la culture.

Le groupe des Rita Mitsouko se retrouve orphelin d’une de ses moitiés. Fred Chichin, le guitariste du groupe de rock est mort mercredi matin à l’âge de 53 ans, des suites d’un cancer particulièrement agressif. La maladie qui a emporté le musicien en deux mois à peine, avait forcé le groupe à annuler une série de ses concerts ces deniers jours. Fred Chichin qui avait dû quitter la tournée, était absent des scènes depuis octobre.
C’est dans les années 80 que le groupe formé par Fred Chichin et sa compagne, la chanteuse Catherine Ringer, en 1979, s’est fait connaître, restant au sommet des charts français avec les tubes «Marcia baila», «Y a d’la haine», «Andy», «Les histoires d’A» ou «C’est comme ça». Leur dernier album, «Variety», était sorti en avril.

Le compositeur d'avant-garde allemand Karlheinz Stockhausen, mort mercredi à l'âge de 79 ans, était un pionnier de la musique électronique célébré pour son inépuisable inventivité mais à la
personnalité controversée.
"C'est horrible, nous avions encore tant de projets en commun", a dit à l'AFP Ulrich Iwanow le maire de Kürten (Rhénanie du Nord-Westphalie, ouest de l'Allemagne), où Stockhausen est mort "d'une maladie grave mais courte", après y avoir vécu "des dizaines d'années". Il sera enterré jeudi prochain dans le cimetière local, dans la forêt, selon son souhait.
Avant de décéder, Stockhausen a voulu transmettre année après année, lors d'une semaine de cours annuelle organisée à Kürten, son savoir et sa soif d'exploration à une centaine de musiciens triés sur le volet, venus du monde entier recueillir les secrets du maître.
Auteur de pas moins de 362 oeuvres, dont certaines, monumentales, figurent parmi les compositions majeures du XXe siècle, Stockhausen s'est rendu célèbre par ses expérimentations musicales sophistiquées et ludiques à la fois.
Son travail se construit autour de la musique électro-acoustique et la spatialisation du son.
Né le 22 août 1928 à Mödrath, près de Cologne (ouest), cet élève d'Olivier Messiaen compose entre 1954 et 1960 ses oeuvres majeures, dont le génial Klavierstücke, une pièce pour piano suivant le principe de la musique aléatoire.
Sur une feuille sont placées 19 cellules musicales de façon irrégulière, l'interprète en choisit une au hasard, par laquelle il commence, avant d'en choisir une autre et ainsi de suite, selon des indications précises de tempo, de nuance et d'attaque. Ainsi, la pièce sera jouée d'une infinité de manières et tous les sons seront exploités.
C'est à cette époque qu'il compose d'autres oeuvres centrales de son art, "Gruppen", "Gesang der Junglinge", "Mixture" ou encore "Mikrophonie".
Philippe Clay n’aurait pas dû être chanteur. Élève du Conservatoire national d’art dramatique, ses débuts dans la carrière de comédien le déçoivent : on ne lui propose que des rôles jouant sur sa
longue silhouette maigre et son profil de personnage du Greco. Inscrit par des amis à un concours de chanson, il découvre dans les cabarets de la rive gauche une expression qui le passionne. À
une époque de cravate obligatoire sur les scènes de music-hall, il souligne encore l’étrangeté de sa silhouette en n’apparaissant qu’avec un col roulé et un pantalon noirs. Sa connaissance du
mime et son âme de comédien s’expriment dans des chansons qu’il incarne avec une liberté décuplée par l’usage du microbaladeur – une première dans le music-hall français.
On le remarque dès 1953 avec Le Noyé assassiné de Charles Aznavour, puis dans Joseph de Claude Nougaro, On n’est pas là pour se faire engueuler de Boris Vian, La Goualante
du pauvre Jean, Le Danseur de charleston, Les Voyous… Son personnage, dans lequel on peut trouver rétrospectivement un peu de la morgue de Gainsbourg, du tranchant de Vian et de l’expressionnisme
de Brel, compte parmi les plus singuliers de l’époque. Il connaît hélas la mésaventure, alors qu’il est tête d’affiche à l’Olympia, de se faire ravir la vedette par Jacques Brel qui assure sa
première partie.
Comme des dizaines de chanteurs en vue à la fin des années 1950, il est balayé par le prurit jeuniste des années 1960. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son retour au premier plan, en 1971, se fait avec le tube le plus « réac » de son époque. Dans le savoureux Mes universités, il s’en prend à la génération de Mai 68 qui n’a pas, comme lui, été jeune sous l’Occupation : «Mes universités/C’était pas Jussieu, c’était pas Censier, c’était pas Nanterre/Mes universités/C’était le pavé, le pavé d’Paris, le Paris d’la guerre/On parlait peu d’marxisme/Encore moins d’maoïsme/Le seul système, c’était le système D/D comme débrouille-toi/D comme démerde-toi/Pour trouver d’quoi/Bouffer et t’réchauffer». Le 45 tours se vend à un million d’exemplaires ! Et Philippe Clay bat le fer tant qu’il est chaud avec La Quarantaine : «Si l’on avait mis en quarantaine/Tous les hommes de quarante ans/Il y aurait peut-être moins de problèmes/Pour la jeunesse et pourtant/Victor Hugo n’aurait pas écrit/Les Misérables à soixante ans […] Voltaire et Rousseau ainsi que Marx/Seraient d’illustres inconnus…». Devenu symbole d’une certaine manière de parler de son époque, il compte parmi les rares artistes de variétés à oser s’engager au RPR pour y défendre sa vision de la culture française.
En 1954, Jean Renoir lui a confié le rôle de Valentin le Désossé dans French Cancan. Il ne cessera plus de tourner, promenant son visage de conquistador dans plus d’une centaine de films et de téléfilms, de Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy en 1956 au téléfilm Dombais et fils de Laurent Jaoui au printemps dernier. Comédien, dans les années 1990, à l’automne de sa vie, il avait trouvé au théâtre des rôles à sa mesure comme cet Ennemi du peuple d’Ibsen joué à Nantes sous la direction de Jean-Luc Tardieu. Ce metteur en scène l’avait accompagné à de nombreuses reprises, à Nantes, Zoo de Vercors, ou à Paris, pour Visites à Mister Green, pièce américaine de Jeff Baron qu’il joua en 2001 et pour laquelle il fut nommé aux Molières. Il créa en 2005 L’Escale de Paul Hengge sous le direction de Stephan Meldegg, ultime apparition du comédien sur scène.
« Les gens ne s’aperçoivent pas que le temps passe et que je prends un sérieux coup de vieux. Je ne veux pas qu’ils gardent une mauvaise image de moi. A 90 balais, je ne vais pas monter sur scène avec le Samu. » Cela pourrait ressembler à une mauvaise blague mais c’est pourtant avec son humour habituel qu’Henri Salvador annonce ainsi qu’il arrête de se produire en spectacle.
Né en juillet 1918 à Cayenne, il découvre le jazz dans son enfance et choisit de faire carrière dans la musique. De petit cabaret en petit cabaret il finit par se forger une bonne réputation, ce qui lui permet de jouer avec Django Reinhardt. Mais c’est au Brésil qu’il acquiert une grande réputation en se produisant aux côtés de Ray Ventura. A son retour, il se lie d’amitié avec Boris Vian avec lequel il inventera plus de 500 chansons sous le pseudonyme d’Henri Cording.
Puis viennent les années télévision. A partir de 1961 Henri Salvador animera plusieurs émissions dont Salves d’or et Dimanche Salvador. Parallèlement il enregistre des tubes comme Le lion est mort ce soir, Zorro est arrivé ou encore Syracuse. En 2000 il surprend tout le monde en réussissant un retour remarqué. Son disque composé par la jeune génération française lui permet d’obtenir le prix de l’interprète masculin de l’année et celle de l’album de variété aux Victoires de la musique. Des trophées qui l’amusent beaucoup et à propos desquels il déclare : « Ils ont mis un peu de temps pour s’apercevoir que j’avais du talent. »
Depuis il a enregistré d’autres albums et le public lui est resté fidèle. Alors est-ce vraiment l’heure de prendre sa retraite ? En rigolant Henri Salvador répond : « J’ai presque tout fait et j’ai tout adoré. Mais à présent l’endroit que je préfère au monde c’est mon lit ! De toute façon, je n’ai pas peur de m’ennuyer. Cela dit, je ne vais pas arrêter de chanter et de faire des disques car mon producteur veut que je continue et j’en suis ravi. » Au revoir donc à la scène mais on peut encore attendre de belles surprises musicales de la part de l’artiste !


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