L'artiste français sort aujourd'hui son troisième opus
«L'amour, c'est tout, le reste on s'en fout», ces quelques mots en guise de préambule à mon entrevue avec Cali. Au pas de course entre deux avions, emmêlés dans le brouhaha
de la foule et des valises à roulettes, on décide d'effleurer la touche «pause», histoire d'oublier l'agitation ambiante. Conversation au coin d'une table, je découvre avec surprise la lumière du
regard émeraude. On connaît du chanteur français la zone ombragée de ses textes, ses histoires casse-gueule, les cicatrices dévoilées, pourtant dès le premier abord, c'est cette flamme sereine
qui surprend.
Sous l'éclairage intense des néons d'aéroport, je me lance sans détour dans ce nouveau rôle de curieuse professionnelle et nous voilà embarqués sur le chemin de L'Espoir, le nouvel album de Cali,
qui sort aujourd'hui.
La femme, singulière
Au cœur de ce dernier opus, comme dans les deux précédents, l'inévitable et lancinant sujet: les femmes. Ou plutôt la femme. Singulière, toujours. Celle qui laisse à terre, souvent, celle qui
donne des ailes, parfois. De la pointe de son accent mélodieux, il s'embarque dans la conversation avec passion. J'ouvre grand mes oreilles et je prie pour que les piles du dictaphone tiennent le
coup, le rythme est soutenu, les paroles fusent. Je pensais partir à la rencontre d'un chat échaudé par les égratignures des amours défaites, mais je découvre l'enthousiasme d'un adolescent.
Pêle-mêle, l'évocation des «elles» s'égrène: cette inconnue qu'il voit sortir rayonnante d'un hôtel au petit matin, et dans la peau de laquelle il se glisse dans la chanson «Je me sens belle»,
Ségolène Royal qu'il rêvait présidente, Sophie Calle à qui il adresse un morceau de son album.
Prise au jeu, je lui demande de me raconter les héroïnes de son panthéon personnel. Des paillettes au fond des prunelles il cite Patti Smith, Jane Birkin ou encore Jeanne Moreau. Ces femmes au
visage marqué de leurs mille vies et qu'il trouve belles à pleurer. Ces femmes, il «donnerait tout pour les embrasser très fort... longtemps». Embrasser la légende ou juste la femme qu'elle
abrite? Je lui demande. Il rigole.
Les chemins de traverse
Je souris, envie de continuer à démêler le fil de cet artiste que, il faut bien l'avouer, je connaissais très peu. Les titres incontournables, bien sûr, au détour d'une radio, au hasard d'un
taxi, quelques mélodies. Une idée des grandes lignes, mais soudainement, ce sont ses chemins de traverse que j'aimerais découvrir. Plus que sa musique, ce sont ses mots qui font écho. Quelques
phrases de «L'Espoir» résonnent dans ma tête: «Tu n'es plus jolie, la tristesse a attaqué ton regard à la pioche. Je crois que cette fois c'est bien fini.» Et je me demande de quel espoir il
s'agit ici. Ma question reste en suspens, je préfère m'inventer la réponse.
Les cafés sont froids, il est temps de reprendre le cours du quotidien. On parle encore un peu de quelques groupes qui nous font vibrer, de notre intérêt commun pour la nouvelle scène canadienne.
Les grosses vestes, les écharpes, nous voilà parés à affronter une nouvelle journée d'hiver
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