Crise ouverte au Medef
Sous la pression de Laurence Parisot, l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) est réunie ce matin pour évoquer l’indemnité de départ de 1,5 million
d’euros attribuée à son ancien président Denis Gautier-Sauvagnac. Après le retrait de l’Unedic de Michel de Virville, un des dirigeants de l’UIMM, d’autres démissions sont
attendues.
Compte tenu « de la campagne violente à l’encontre » de son organisation, Frédéric Saint-Geours, le président de l’Union des industries et métiers de la
métallurgie, a décidé de convoquer ce matin « une réunion exceptionnelle du bureau pour prendre les décisions qui s’imposent ». Fait inhabituel, cette annonce a été faite dans la
matinée de dimanche. Elle était assortie d’une mise en garde à peine voilée à l’encontre de Laurence Parisot, la patronne du Medef. Par la voix d’un de ses porte-parole, Saint-Geours a appelé
« au plus grand calme dans la gestion » de la nouvelle affaire Denis Gautier-Sauvagnac – alias DGS –, « dans l’intérêt de l’industrie et dans l’intérêt de l’ensemble des
entreprises françaises ».
« Je ne décolère pas »
Visiblement irrité, Saint-Geours répliquait au coup de colère de Laurence Parisot. Le matin même, dans les colonnes du Journal du dimanche, la présidente du Medef disait
tout le mal qu’elle pensait de l’attribution d’une indemnité de 1,5 million d’euros à Denis Gautier-Sauvagnac pour son départ du l’UIMM. La veille, revenue spécialement de vacances, elle avait
dénoncé sur France 2 un comportement « méprisant et méprisable ». « Trop, c’est trop. Je ne décolère pas », avait-elle lancé, ajoutant que cette nouvelle affaire DGS
« abîme l’image des entreprises, du Medef, mon image ». Dans Le JDD, hier, Laurence Parisot enfonçait le clou, précisant avoir demandé à tous les membres de l’Union des industries et
métiers de la métallurgie (UIMM) « qui exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de remettre immédiatement leur mandat à la disposition du Medef ». Premier à
s’être exécuté : le président de l’Unedic, Michel de Virville, un des dirigeants de l’UIMM. Ayant négocié l’indemnité de départ de Denis Gautier-Sauvagnac, il a été le premier à
démissionner.
« Un vrai problème »
DGS, celui par qui le scandale est une nouvelle fois arrivé, s’est pour l’heure contenté d’appeler Laurence Parisot à « garder son sang-froid », s’étonnant de sa
« véhémence » sur l’affaire de ses indemnités de départ. « Denis Gautier-Sauvagnac s’étonne de la teneur et de la véhémence des déclarations de la présidente du Medef, a-t-il fait
dire à son avocat, Me Jean-Yves Le Borgne. L’injure n’apporte rien au débat, il vaut mieux garder son sang-froid plutôt que de s’évertuer à envenimer une situation dont la justice est
saisie. »
Au-delà de cet aspect judiciaire, la « prime DGS » atteint l’image même du Medef, soulevant des interrogations sur son organisation et son fonctionnement. « Il y a un vrai
problème, c’est vrai, au niveau des grandes entreprises qui sont les adhérentes du Medef, a souligné hier sur France-Info Jean-François Roubaud, secrétaire général de la Confédération générale
des petites et moyennes entreprises (CGPME). Donc c’est vraiment au niveau du Medef qu’il y a sans doute quelque chose à faire. »
« Indécent »
« Ce que j’attends, c’est qu’il y ait une transparence et puis sans doute, au niveau de certains salaires qui nous paraissent à nous gigantesques ou de golden
parachutes épouvantables, bien au-delà de ce dont on parle aujourd’hui, qu’il y ait un peu de raison et un petit peu de respect des autres », a-t-il ajouté. Selon Jean-François Roubaud,
« on ne peut pas avoir des salaires qui sont 100 fois ou 200 fois plus élevés que celui qui est au bas de l’échelle de l’entreprise. Ça me paraît indécent ».
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