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Christian DELAGRANGE
NOUVEL
ALBUM
· Le bilan « Je m'étais préparé aux déceptions », a expliqué hier le Président. « Mais au bout de cinq ans, je veux que les Français se disent « on l'a élu pour faire des changements et il les a faits », a-t-il poursuivi. Sauf que lui-même se heurte au contexte économique. Et de lister la crise des subprimes ou la hausse du prix du pétrole. Raison de plus pour accélérer les réformes. « J'en ai déjà lancé cinquante-cinq », a-t-il précisé avant d'assurer que le dispositif d'exonération sur les heures supplémentaires marchait : « Au dernier trimestre 2007, il y en a eu 28 % en plus. »
· Le pouvoir d'achat Sur ce dossier, le chef de l'Etat compte « faire pression pour baisser les prix ou au moins les maîtriser » car il n'accepte pas qu'ils aient plus augmenté en France que partout ailleurs. « Et le Premier ministre déposera dans les quinze jours un projet de loi sur l'intéressement », a-t-il annoncé. Il a également remis au goût du jour son leitmotiv de campagne : « Les Français ne travaillent pas assez. » Quant au revenu de solidarité active, il a assuré qu'il allait le généraliser dans le courant de l'année prochaine, laissant entendre au passage que pour le financer, il faudra supprimer la prime pour l'emploi.
· La grogne Le Président entend bien les motifs d'insatisfaction mais il le dit : « Je dois arbitrer. » Ainsi, il a validé les nouvelles obligations pour les chômeurs, comme celle d' « accepter au bout de trois mois de chômage un emploi représentant 95 % de son salaire ». Autres dossiers sensibles : Nicolas Sarkozy a confirmé qu'à compter de 2012, il faudra cotiser 41 ans pour sa retraite, qu'un fonctionnaire sur deux ne serait pas remplacé en 2008 ou que la réforme du système éducatif conduisant à une réduction des postes d'enseignants dans le secondaire était maintenue. Il a aussi réaffirmé qu'il n'y aurait « pas de régularisation globale » des travailleurs sans papiers.
· La Chine « J'ai été choqué par ce qui s'est passé au Tibet et je l'ai dit au président chinois », a expliqué le chef de l'Etat. Assurant qu'il ne s'agissait pas d'une histoire de contrats, il a toutefois indiqué qu'il ne voulait pas mettre la Chine au ban de l'humanité. Et que c'est en concertation avec les autres pays de l'UE qu'il se décidera à assister ou non à la cérémonie d'ouverture des JO.
· Le gouvernement Malgré les rumeurs de mésentente entre l'Elysée et Matignon, Nicolas Sarkozy a assuré que François Fillon était un bon Premier ministre.
Mais concernant les couacs de son gouvernement qui n'ont pas été sanctionnés, il a expliqué que c'était une erreur.
Les réactions
Julien Dray, porte-parole du PS : "L'inquiétude et la colère de la France qui aujourd'hui souffre durement d'un contexte économique qui s'est extrêmement dégradé ne sont pas levées ce soir, au sortir de la prestation du président de la République (...). C'est un président tendu, essayant par l'abondance de chiffres d'éviter d'avoir à constater l'impasse dans laquelle il se trouve, que nous avons vu".
Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris : "Dans sa tentative de justification d'une politique aussi illisible qu'inefficace aux yeux de nombreux Français, Nicolas Sarkozy a surtout recyclé mécaniquement son argumentaire de la dernière campagne présidentielle. Son propos, souvent confus et imprécis n'a ouvert aucune perspective crédible pour répondre aux enjeux de la croissance et du pouvoir d'achat".
Jean-Paul Huchon, président PS de l'Ile-de-France : Nicolas Sarkozy "n'a reconnu que des erreurs de com. Il persiste et signe, droit dans ses bottes. Au fond, rien de nouveau : c'est un aveu d'échec et on comprend que les Français n'y croient pas".
Manuel Valls, député maire PS d'Evry : "Je crains que les explications assez confuses, parfois assez laborieuses sur la politique économique et budgétaire n'aient pas été comprises par les Français".
Marielle de Sarnez, MoDem : "Je n'ai pas trouvé de feuille de route, pas de perspective. Les Français attendaient de savoir où ils allaient et je ne crois pas que cette émission les ait éclairés".
Georges Sarre, Premier Secrétaire du MRC : "Nicolas Sarkozy s'est livré à une vaine tentative d'auto-justification. Mais les faits sont têtus, et puisque le président de la République entend persévérer dans l'erreur, la crise du pouvoir d'achat et la croissance faible ont hélas de beaux jours devant elles".
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF : "On a l'impression d'entendre ce qu'on a entendu pendant la campagne électorale et depuis un an: un président qui répète toujours la même chose, malgré l'échec de sa politique et malgré les souffrances qu'elle provoque".
Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière : "Au delà de l'autosatisfaction qu'il a affichée (...) Sarkozy s'est livré jeudi soir à un numéro d'équilibriste, dénonçant un capitalisme financier (...) tout en déclarant que le capitalisme est le meilleur système possible".
LCR : "En s'opposant à toutes les revendications en cours, emploi, éducation, santé, salaires, sans-papiers, il est apparu pour ce qu'il est : le président de fait du Medef et des réformes réactionnaires".
Anne Souyris, porte-parole des Verts : Nicolas Sarkozy "nous fait la morale, se scandalise, mais ne propose rien".
Patrick Devedjian, secrétaire national de l'UMP : "J'ai trouvé Nicolas Sarkozy très authentique, vrai dans ses réponses, humble même, quand il le fallait".
Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée nationale : "Nicolas Sarkozy s'est montré convaincant, pédagogue, déterminé à remplir le mandat pour la réforme confié par les Français".
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée : "Comme nous, le Président a ressenti l'impatience des Français qui soutiennent les mesures déjà prises mais attendent encore davantage. Ce message a été reçu".
Yves Jego, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer : "Reconnaissant les erreurs qui ont pu être commises, notamment dans la communication autour du paquet fiscal, le chef de l'Etat a prouvé la cohérence et l'interdépendance des quelque cinquante réformes de modernisation déjà engagées depuis un an".
Christine Boutin, ministre du Logement : "Nicolas Sarkozy a été rassurant pour les Français car il a confirmé qu'il ferait les réformes, même si c'était difficile et impopulaire".
François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée : "On attendait qu'il clarifie les enjeux et le cap après des couacs qui ont brouillé l'action conduite dans un contexte économique difficile. On a eu un président qui assume".
Nicolas Dupont-Aignan, député souverainiste : "Ce n'est pas cette récitation en boucle des slogans de sa campagne présidentielle qui rassurera les Français".
Jean-Marie Le Pen, président du Front National : "L'indéniable et habile rhétorique" de Nicolas Sarkozy "ne peut convaincre personne, car les faits sont plus têtus que les paroles".
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT : le président de la République "a reconnu avoir fait des erreurs mais en fait, il ne change rien, en particulier sur le pouvoir d'achat".
Jean-Christophe Le Duigou, un des principaux dirigeant de la CGT : "A l'issue de ce long exposé, toutes nos inquiétudes se trouvent confortées".
Jacques Voisin, président de la CFTC : "Il avance des pistes qui restent à concrétiser, notamment sur le pouvoir d'achat (...). On aurait eu besoin de plus de vision".
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