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L'ambassadeur de Chine à Paris, M. Kong Quan, a été convoqué dans l'après-midi au ministère des Affaires étrangères pour des propos tenus la veille devant un groupe de journalistes français.
Il avait alors prévenu qu'une rencontre entre M. Sarkozy et le dalaï lama, attendu en France du 12 au 23 août, aurait des "conséquences graves" sur des relations franco-chinoises encore fragilisées par le fiasco du passage de la flamme olympique à Paris lié à la crise du Tibet.
"Nous avons accueilli avec beaucoup de surprise la déclaration de l'ambassadeur de Chine, je lui ai demandé de venir me voir", a réagi le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, parlant d'une position qu'il "paraît difficile d'accepter" de la part de la France.
Après son entretien avec M. Kouchner, l'ambassadeur est descendu de sa voiture officielle pour réaffirmer devant la presse que son pays était "fermement opposé" à toute entrevue entre le président français et le dalaï lama. Il n'a toutefois plus évoqué les "conséquences graves" mentionnées la veille.
"Il ne faut pas s'ingérer dans les affaires intérieures d'un pays, en l'occurrence du mien dans cette affaire", a dit M. Kong, qui a qualifié de "chef séparatiste" le leader spirituel des Tibétains.
Ses menaces voilées de mardi à l'encontre de la France avaient pris un relief particulier dans la mesure où elles sont intervenues quelques heures seulement avant l'annonce par M. Sarkozy qu'il assisterait bien à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, le 8 août.
Le président français avait tenu à réserver la primeur de cette annonce à son homologue chinois, Hu Jintao, qu'il a rencontré mercredi matin en marge du sommet du G8 à Toyako, au Japon.
"La relation franco-chinoise est à nouveau sur les rails du partenariat stratégique", a-t-on affirmé de source française après l'entretien.
La décision de M. Sarkozy, qui se rendra aussi à Pékin en tant que président en exercice de l'Union européenne, a été aussitôt critiquée par l'opposition de gauche.
Le chef du parti socialiste, François Hollande, a estimé que M. Sarkozy avait "cédé aux pressions chinoises". Dans un communiqué, le PS a demandé à M. Sarkozy de "recevoir le dalaï lama au cours de sa visite en France".
Le Premier ministre, François Fillon, a en revanche salué une décision "sage" et "responsable".
Au Parlement européen, le chef de file des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a parlé de "scandale", mais son indignation n'a guère été relayée et M. Sarkozy a évité une fronde des eurodéputés devant lesquels il doit s'exprimer jeudi.
Le président français n'a toujours pas fait connaître ses intentions à propos d'une rencontre avec le dalaï lama.
En mars, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, n'avait pas exclu qu'une rencontre ait lieu. M. Sarkozy "prendra sa décision le moment venu et en fonction de l'évolution de la situation", avait-il dit.
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