Les cours du pétrole évoluaient mardi autour de 108 dollars le baril, après un plongeon pour la première fois depuis avril sous 105 dollars, en raison de la perte de puissance de l'ouragan Gustav, de la vitalité du dollar et de la baisse de la demande, et ils pourraient bientôt enfoncer le seuil des 100 dollars.
Dans la matinée, les cours ont plongé jusqu'à 104,14 dollars à Londres et 105,46 à New York.
Le niveau record de 147,50 dollars atteint le 11 juillet semble avoir agi comme une limite pyschologique chez les consommateurs et avoir porté un sérieux coup à la demande. A compter de cette date, les indices d'une baisse de la consommation - notamment aux Etats-Unis et en Europe - ont essaimé, entraînant l'effondrement des prix du pétrole : ils ont perdu plus de 40 dollars, soit près de 30% de leur valeur, en sept semaines.
Le président américain George W. Bush a déclaré mardi qu'il était "encore un peu tôt" pour connaître l'impact de l'ouragan sur les infrastructures pétrolières américaines, mais que ces dernières semblaient avoir été épargnées.
Son approche avait entraîné la fermeture par précaution de la totalité de la production pétrolière dans le Golfe du Mexique -- 1,3 million de barils par jour, soit le quart de la production américaine.
Mardi, le pétrole a encore chuté d'un cran : il est tombé sous 105 dollars à Londres, pour la première fois depuis avril, dans la foulée d'une vigoureuse remontée du billet vert face à la monnaie unique: l'euro est tombé mardi sous 1,45 dollar pour la première fois depuis six mois.
Alors que la faiblesse du pétrole avait agi au premier trimestre comme un puissant stimulus sur les cours de l'or noir, inversement, le regain du billet vert accélère la fuite des investisseurs du marché pétrolier. Envisagé comme un placement refuge contre l'inflation, le pétrole perd de son attrait quand le dollar remonte.
Mais le regain du billet vert n'est pas seulement un facteur technique: il reflète la dégradation des perspectives économiques dans la zone euro, renforcées par un rapport de l'OCDE (Organisation de la coopération et du développement économiques), un tableau économique qui n'augure rien de bon pour la consommation d'or noir.
Du côté de l'offre, la situation semble par ailleurs se détendre. Ainsi, le Brésil commencera-t-il mardi à extraire du pétrole de ses gisements maritimes situés en eaux très profondes, un premier pas qui pourrait faire du géant sud-américain une puissance pétrolière mondiale d'ici à quelques années.
La chute des prix sera vraisemblablement au coeur des discussions au cours de la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) le 9 septembre à Vienne.
Elle devrait servir d'argument aux "faucons" du cartel qui, à l'instar de l'Iran ou du Venezuela, pourraient chercher à convaincre les autres membres de baisser la production (40% de l'offre mondiale de brut) pour soutenir les cours.
L'Iran a déjà donné le la en affirmant mardi considérer que des membres de l'OPEP, dont il fait partie, dépassaient leurs quotas de production, et que cette question devrait être soulevée le 9 septembre.




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