Le patron des forces de sécurité en Corse, Dominique Rossi, a été brutalement muté en raison de sa gestion de l'occupation samedi de la propriété de Christian Clavier, un proche de Nicolas Sarkozy, une sanction qui a provoqué de vives réactions dans la police et dans l'opposition.
Le ministère a précisé que la sanction était liée à sa gestion de l'occupation par des nationalistes du lotissement Punta d'oro à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), où se trouve la villa de l'acteur Christian Clavier.
Le coordonnateur des services de sécurité intérieure dans l'île n'aurait "pas pris les mesures nécessaires pour protéger ce lotissement afin d'empêcher l'envahissement d'une propriété privée", a poursuivi le ministère, en ajoutant que M. Rossi avait été alerté dès vendredi soir par les services du renseignement intérieur.
L'Elysée s'est refusé mardi à tout commentaire. M. Rossi a été remplacé par Gilles Leclair, sous-directeur de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière à la Direction centrale de la PJ.
Dans le cadre d'une enquête préliminaire sur la violation de son domicile, M. Clavier et les gardiens de sa villa ont été entendus par les gendarmes, trois jours après les faits.
La sanction a déclenché de vives réactions. Les syndicats de commissaires ont pris sa défense, de même que ses collaborateurs qui le décrivent comme un "grand flic" qui n'a pas démérité.
"Il n'y a pas eu de dégâts chez Christian Clavier", a souligné Emmanuel Roux, du Syndicat des commissaires de police (majoritaire).
Le Syndicat indépendant des commissaires de police a jugé "disproportionné et hâtif de sanctionner un haut fonctionnaire" qui "satisfaisait aux contraintes d'un poste hors normes".
"Aucune intervention n'a été demandée" lors de l'action des nationalistes, a relevé un officier de police en poste en Corse, en soulignant que "Christian Clavier, qui se trouvait sur un bateau au moment de la manifestation.
Côté politique, François Bayrou, président du MoDem, a dénoncé "le fait du prince". Les dirigeants du PS ont demandé "des explications" au gouvernement, en notant que des faits "tout aussi graves et condamnables" en Corse n'ont pas entraîné "pareilles sanctions".
Martine Aubry a estimé que si un lien est "avéré" entre l'occupation en Corse de la villa d'un ami de Nicolas Sarkozy et la sanction contre le patron de la sécurité sur l'île cela signifie "la privatisation de la République".
"C'est avec émotion que nous avons appris cette sanction", ont écrit le syndicat UNSA et la Ligue des droits de l'homme dans un communiqué commun.
En revanche, le président UMP de l'Assemblée de Corse, le député Camille de Rocca Serra, a justifié la sanction par le fait que "les mesures adaptées n'avaient pas été prises".




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