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L'édification d'un mémorial du génocide arménien à Lyon, qui avait déjà donné lieu à une manifestation hostile, pro-turque, le 18 mars, a été à l'origine d'une nouvelle polémique en fin de semaine avec la suspension de sa construction sur décision du Tribunal administratif (TA).
Après les vives protestations liées à des slogans négationnistes dans le cortège pro-turc du 18 mars et les incidents dus au télescopage avec la fin d'une manifestation anti-CPE, la controverse a rejailli sur la politique locale, à deux ans des municipales.
"Les opposants au mémorial sont allés chercher un petit point technique, en rapport avec les statuts de l'Association +Mémorial lyonnais pour le génocide des Arméniens+. Mais celle-ci devrait rapidement revoir la question et les travaux vont reprendre", a assuré le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, à la suite de la décision du TA, mercredi, d'interrompre les travaux.
"Etonnés" voire "scandalisés" par ces polémiques autour d'un monument qui, a priori, faisait "l'objet d'un consensus", M. Collomb et son entourage s'interrogent sur une éventuelle motivation politique chez certains opposants.
"Nous sommes soumis à une véritable guérilla juridique", fait valoir la mairie centrale de Lyon, en référence aux quatre recours introduits par l'Association de défense et de protection des places Bellecour et Antonin Poncet (ADPBAPL).
Cette association compte parmi ses principaux porte-parole Marie-Chantal Desbazeille, conseillère municipale UMP et ancien maire du VIIe arrondissement. "La décision a été prise sans concertation. La mairie de Lyon n'a pas à construire un tel monument sur une place classée par l'Unesco", proclame l'élue UMP pour qui Gérard Collomb agit "pour s'assurer les suffrages de la communauté arménienne".
"Notre démarche n'a rien de politique", clame néanmoins la présidente de l'ADPBAPL, Chantal Lefort. Selon elle, le monument va "dénaturer la place Antonin Poncet", dans le IIe arrondissement de la ville. "Pourquoi cette place? Quant à l'histoire lyonnaise, elle n'a rien à voir avec l'histoire arménienne", ajoute-t-elle.
La polémique rejaillit sur le maire de l'arrondissement lui-même, Denis Broliquier, un fidèle de l'ancien ministre de la Défense et ex-président de la région Rhône-Alpes, Charles Millon, dont l'attitude est critiquée par les deux camps. "Il tient un double langage", juge-t-on à la mairie centrale. "Il a minimisé les choses", estime Mme Lefort.
"Qu'on ne vienne pas nous dire que les +Millonistes+ sont contre un monument arménien. Le lieu a été mal choisi", s'insurge-t-on à la mairie du IIe qui critique la méthode employée par Gérard Collomb.
En cas de redémarrage des travaux, ce mémorial - qui a aussi pour but "d'honorer les victimes de tous les génocides du XXe siècle", selon M. Collomb - devra encore franchir au moins deux recours sur le fonds avant l'inauguration. Celle-ci reste fixée au 24 avril, date de la commémoration du génocide arménien de 1915, reconnu par la France en 2001.
Les massacres et déportations d'Arméniens sous l'empire Ottoman, de 1915 à 1917, ont fait 1,5 million de morts, selon les Arméniens, entre 300.000 et 500.000, selon Ankara qui rejette catégoriquement la qualification de génocide.
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