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18 Octobre 2009
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Irak: Saddam Hussein sera jugé pour génocide contre les kurdes
Le président déchu Saddam Hussein sera jugé pour génocide contre les kurdes dans un nouveau procès en Irak, où les violences ne cessent de s'aggraver sur fond de vide politique.
Mardi, le Haut tribunal pénal irakien a annoncé que Saddam Hussein et six coaccusés, dont son cousin Ali Hassan al-Majid, dit "Ali le chimique", seraient jugés pour génocide dans l'affaire Anfal, un déplacement massif de population kurde entre 1987 et 1988 qui a coûté la vie à plus de 100.000 personnes.
"L'instruction a été bouclée dans l'affaire Anfal et les sept personnes, accusées de génocide, ont été déférées au tribunal", a annoncé le chef des juges d'instruction Raed al-Jouhi, sans donner de date pour l'ouverture du procès.
Les cinq autres accusés sont des ex-responsables du parti Baas et un ex-ministre de l'Industrie.
Cette annonce survient à la veille de la reprise du procès de l'ex-président et de sept coaccusés dans l'affaire de Doujail, le massacre de 148 villageois chiites après une attaque en 1982 contre le convoi de Saddam Hussein. Ils y ont plaidé non coupables et risquent la peine de mort.
Le président irakien Jalal Talabani a déclaré que Saddam Hussein serait jugé pour "tous ses crimes", avant l'exécution des jugements prononcés contre lui, contredisant des propos du procureur général Jaafar Moussaoui, selon lequel l'ex-dictateur serait exécuté sans attendre les autres procès s'il était condamné à mort dans l'affaire de Doujail.
Parallèlement, la violence a continué avec la mort de 19 personnes, dont sept dans un attentat à la voiture piégée à Bagdad, deux employés irakiens de l'ambassade des Emirats arabes unis et deux enfants dans l'explosion d'une charge dans leur maison, selon des sources de sécurité.
Lundi, l'armée américaine a annoncé coup sur coup la mort de neuf de ses soldats la veille dans la province rebelle occidentale sunnite d'Al-Anba: quatre dans une attaque rebelle et cinq dans un accident.
En outre neuf corps de personnes non encore identifiées, les mains liées et portant des traces de torture, ont été découverts à Bagdad.
Les violences ont continué après une visite surprise de deux jours à Bagdad des chefs de la diplomatie américaine Condoleezza Rice et britannique Jack Straw, qui ont fortement pressé les dirigeants irakiens à former un gouvernement d'union nationale capable de faire face à l'insécurité.
Mme Rice a estimé pendant la visite que le vide politique profitait aux auteurs des violences tandis que M. Straw a dit la frustration de la communauté internationale devant le retard pris dans la formation d'un tel gouvernement, en gestation depuis plus de trois mois.
La principale difficulté que rencontrent les négociateurs des blocs politiques chiite, kurde et sunnite, pour former un gouvernement est le choix d'un Premier ministre.
La candidature du chef du gouvernement sortant Ibrahim Jaafari, contestée par les blocs sunnites et les Kurdes, a commencé à poser problème au sein même de l'alliance de chiites conservateurs qui l'a désigné.
Des élus indépendants de la liste chiite de l'Alliance unifié irakienne qui a envoyé 128 députés au Parlement de 275 sièges ont publiquement appelé M. Jaafari à laisser la place à un autre candidat pour débloquer la situation.
Mais l'entourage du Premier ministre a exclu avec force cette idée et une manifestation favorable à M. Jaafari, à l'initiative de son parti Dawa et du courant radical chiite de Moqtada Sadr, a eu lieu à Sadr City, le grand quartier chiite du nord de Bagdad.
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