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Les commissaires au comptes sur le gril des avocats de Kerviel






Les commissaires aux comptes de la Société Générale ont été mis sur le gril lundi par les avocats de Jérôme Kerviel selon qui le trader, soupçonné de falsifications ayant fait perdre 4,9 milliards d'euros à la banque, ne serait qu'un "lampiste" du "système" financier existant.
Les deux commissaires aux comptes des cabinets d'audit Deloitte et Ernst and Young, chargés par la banque de certifier ses comptes, ont été questionnés dans le bureau des juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset par les avocats du trader, en présence de Jérôme Kerviel et des avocats de la banque.

L'audition entamée vers 9H00 a pris fin peu après 18H00. "L'ensemble des questions à l'ordre du jour n'ayant pas été totalement abordées, elle reprendra le 21 octobre", a précisé en fin de journée Jean Veil, avocat du trader.

"Rien n'est apparu de nouveau en ce qui concerne l'éventuelle responsabilité de la hiérarchie ou des commissaires aux comptes", a assuré l'avocat.

Me Bernard Benaïem, conseil de Kerviel, a fustigé après l'audition le refus des commissaires aux comptes d'assumer leur part de responsabilité: "C'est toujours la même langue de bois, le même discours opaque: personne de sait, personne n'est au courant, personne n'a rien vu", a-t-il déclaré.

La défense de Kerviel entendait pouvoir démontrer que les commissaires aux comptes n'avaient pas fait correctement leur travail de contrôle.

"Soit les commissaires n'ont vu aucune anomalie et cela peut vouloir dire que les comptes étaient falsifiés, soit ils étaient informés et ont couvert la banque", a résumé à l'AFP Me Bernard Benaïem, l'un des avocats du trader.

"Les honoraires des commissaires aux comptes sont de 14 millions d'euros", a souligné Me Eric Dupond-Moretti, un autre avocat du trader, en expliquant que cela correspondait "à 8.333 jours de vérifications par an" à la Société Générale. "Et on vient nous dire que personne n'a rien vu", s'est-il étonné.

Mes Benaïem et Dupond-Moretti ont réaffirmé devant la presse leur conviction que la hiérarchie du trader, et notamment les services comptables, étaient parfaitement au courant des actions de leur client.

Celles-ci auraient été, selon eux, favorisées par la logique du "système" financier existant.

"Ce que nous disons, c'est que de façon évidente, et aujourd'hui la crise financière vient le confirmer, il y a un système qui existait et il ne faut pas que des lampistes, tels que Kerviel, soient les seuls a supporter les conséquences de cette crise financière", a expliqué Me Benaïem.

Jérôme Kerviel est accusé d'avoir pris des engagements financiers non-autorisés de près de 50 milliards d'euros sur les marchés en les camouflant notamment par des opérations fictives.

Les opérations fictives de Kerviel ont été validées par la comptabilité malgré des alertes sur leur invraisemblance, a expliqué dimanche à l'AFP Me Caroline Wassermann, autre avocate du trader.

"Un certain nombre d'éléments qui figurent au dossier pénal nous montrent de façon évidente qu'il y a eu des échanges de mails, de correspondances, des propos qui ont été tenus et qui font que le doute n'est pas possible", a insisté lundi Me Benaïem.

Pour Me Jean Veil, l'audition des commissaires aux comptes "n'a rien a voir avec le procès pénal.

"C'est un débat purement civil. Les commissaires aux comptes ont-ils ou non une responsabilité civile dans cette affaire", a résumé devant la presse l'avocat de la Société Générale en expliquant que la défense de M. Kerviel cherchait "à atténuer sa responsabilité financière".

Publié dans : Affaires - Ecrire un commentaire
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