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Saccage d'une sous-préfecture: réquisitions clémentes contre les "Conti"




Des peines de 3 à 6 mois de prison avec sursis ont été requises vendredi devant le tribunal de grande instance de Compiègne contre sept ouvriers de Continental poursuivis pour le saccage de la sous-préfecture de la ville en avril.
 

Aucune amende n'a été requise. Le jugement a été mis en délibéré au 1er septembre.

"Les éléments sont insuffisants pour une condamnation", a réagi l'avocate des salariés, Me Marie-Laure Dufresnes-Castet, à la sortie de l'audience. "Pourquoi sept personnes seraient condamnées pour un saccage collectif?", alors qu'environ 200 salariés, selon la CGT, avaient pris part au saccage, s'est interrogée l'avocate qui a demandé la relaxe.

A la sortie du tribunal, les prévenus étaient attendus par au moins 500 sympathisants qui criaient "Continental solidarité" et "Ce n'est pas nous les voyous". Deux grandes tentes étaient installées près du palais de justice, un barbecue était organisé avec des prises de parole.

Sept salariés de l'usine Continental à Clairoix, dont le délégué CGT Xavier Mathieu, ont comparu vendredi pour "destructions en réunion de biens, au préjudice de l'Etat". Ils encourent cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour une facture estimée à près de 40.000 euros de dégâts.

Xavier Mathieu a reconnu vendredi que le saccage partiel de la sous-préfecture de Compiègne (Oise) survenu le 21 avril avait été un "dérapage" qui n'avait "pas été prémédité", appelant le tribunal à la clémence.

Les salariés avaient dégradé des bureaux, détruit des ordinateurs et du mobilier.

Il n'a pas souhaité commenter les réquisitions. "Je n'ai pas envie. J'aurais préféré avoir la réponse aujourd'hui", a-t-il dit aux journalistes.

Le procès intervient après une lutte sociale de quatre mois et une trentaine de manifestations, conclues notamment par l'obtention d'indemnités de 50.000 euros par salarié licencié.

Invoquant la chute brutale de l'activité automobile en Europe, Continental avait annoncé le 11 mars la suppression de 1.900 postes, sur les 160.000 qu'il compte dans le monde, dont la fermeture de l'usine de Clairoix qui employait 1.120 salariés.

L'annonce de la fermeture de l'usine, puis le rejet de l'annulation du plan social par le tribunal de Sarreguemines (Moselle), avaient provoqué la colère des salariés qui avaient accepté en 2007 un retour aux 40 heures de travail hebdomadaires contre une promesse de maintien de l'emploi jusqu'en 2012.

Des peines clémentes, allant de 3 à 6 mois de prison avec sursis, ont été requises vendredi devant le tribunal correctionnel de Compiègne (Oise) contre sept ouvriers de Continental ayant participé au saccage de la sous-préfecture de cette ville.

Aucune amende n'a été requise. Le jugement a été mis en délibéré au 1er septembre.

"On a gagné, on a gagné", ont crié dans l'après-midi des participants à une fête de soutien aux "Conti", aux portes du palais de justice. "Je pensais que le procureur allait être clément et il l'a été. Par rapport au contexte, je trouve les réquisitions légitimes", a déclaré à l'AFP un délégué FO de Continental, Didier Vanhyfte.

Les sept ouvriers du site Continental de Clairoix (Oise) comparaissaient vendredi pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne le 21 avril.

Dans le cadre d'une lutte emblématique pour la sauvegarde de leur usine, on leur reproche d'avoir dégradé des bureaux, détruit des ordinateurs et du mobilier, avec environ 200 collègues.

L'annonce de la fermeture de Clairoix, puis le rejet de l'annulation du plan social par le tribunal de Sarreguemines (Moselle) avaient provoqué la colère des ouvriers qui avaient accepté en 2007 un retour aux 40 heures de travail hebdomadaires contre une promesse de maintien de l'emploi jusqu'en 2012.

La procureure, Ulrika Delaunay-Weiss, a requis vendredi trois mois de prison avec sursis pour quatre prévenus qui ont reconnu les faits, dont le délégué CGT Xavier Mathieu, et pour les autres, entre quatre et six mois avec sursis.

"Cela fait quelques mois que la France est plongée dans la crise, nul n'a été indifférent au sort des +Conti+. Je l'entends et je le comprends (...) mais l'Etat est une institution à laquelle on ne porte pas impunément atteinte", a-t-elle dit.

Les prévenus encouraient cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour "destructions en réunion de biens, au préjudice de l'Etat".

Deux des sept accusés ont totalement nié leur implication dans les dégradations. "Il y avait énormément de monde, dont les caméramans et les perchistes. Tout a été très vite. J'ai entendu des bruits de casse, mais je n'ai rien vu", a expliqué l'un deux à la barre.

Xavier Mathieu, qui a reconnu un "dérapage non prémédité" a refusé de commenter les réquisitions.

L'avocate des Continental, Marie-Laure Dufresnes-Castet, a plaidé que "l'infraction n'était pas constituée" pointant "une foule en colère qui saccage et sept personnes à qui l'on veut faire porter cette responsabilité".

A la sortie du tribunal, les prévenus étaient attendus par au moins 500 sympathisants rejoints notamment par le leader du NPA, Olivier Besancenot, et Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière. Des prises de parole ont été organisées durant un barbecue géant où régnait une ambiance festive.

Le porte-parole du PS Benoît Hamon avait appelé le tribunal à la clémence, espérant que les ouvriers "soient acquittés, que (le tribunal) prenne en compte la détresse de tout un bassin d'emploi".

Le procès intervient après une lutte sociale de quatre mois et une trentaine de manifestations, conclues notamment par l'obtention d'indemnités de 50.000 euros par salarié licencié. Continental avait invoqué le 11 mars la chute brutale de l'activité automobile en Europe pour justifier la fermeture de l'usine de Clairoix qui employait 1.120 salariés.



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