L'explosion a creusé un énorme cratère, faisant s'effondrer un immeuble et de nombreuses échoppes du bazar bondé de Meena, le plus fréquenté de la grande ville du nord-ouest du Pakistan.
"Quatre-vingt personnes ont été tuées et 200 blessées dans l'explosion", a déclaré à la presse le ministre de l'Information de la Province de la frontière du Nord-Ouest, Mian Iftikhar Hussain, en sortant du principal hôpital de la ville, Lady Reading Hospital.
"Le nombre des morts dépasse les 80. Ce sont pour la plupart des femmes et des enfants", a confirmé le docteur Sahib Gul, du service des urgences de cet hôpital.
"Nous sommes confrontés à une pénurie de sang. Je lance un appel à tous les volontaires pour qu'ils viennent donner leur sang", a-t-il ajouté.
Ce bilan risque de s'aggraver, de nombreuses victimes étant encore prisonnières des décombres fumants.
"L'explosion était gigantesque. Il y avait de la fumée et de la poussière partout. J'ai vu des gens mourir et d'autres hurler de douleur", témoigne Mohammad Siddique.
Autour de lui, les pompiers interviennent pour éteindre plusieurs incendies naissants, tandis que les policiers évacuent en hâte des habitants paniqués vers les ruelles étroites environnant le marché.
Une mosquée et trois bâtiments adjacents au marché ont été complètement détruits par l'explosion, qui a endommagé d'autres habitations et de nombreuses voitures, a constaté un journaliste de l'AFP.
Dans la foule, un homme répète à tue-tête le nom d'un membre de sa famille, tandis qu'un autre se mord les doigts pour ne pas pleurer devant la vision de son magasin en flammes.
"C'était une voiture piégée. Des gens sont encore prisonniers des décombres, nous essayons de les secourir", explique aux journalistes Shafqat Malik, membre d'une équipe de démineurs, qui juge que plus de 150 kilos d'explosifs ont été utilisés.
Cette nouvelle attaque, l'une des plus meurtrières au Pakistan, souligne l'ampleur de la menace que le talibans font peser sur le pays, quelques heures après l'arrivée de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, venue rencontrer les responsables politiques et militaires pakistanais.
Elle n'a pas été revendiqué mais s'inscrit dans une vague d'attaques organisées par le Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP), qui a fait plus de 200 morts pour le seul mois d'octobre.
"Il s'agit d'une réponse des terroristes à l'opération menée dans le Waziristan du Sud. Nous les tuons là-bas, ils ripostent dans nos villes", a estimé Mian Iftikhar Hussain.
"Mais nous ne plierons pas devant les terroristes", a-t-il assuré aux journalistes présents sur les lieux.
L'armée pakistanaise est engagée depuis le 17 octobre dans une offensive terrestre visant à déloger les talibans de leur bastion du Waziristan du Sud, dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan.
Peshawar se situe en bordure de ces zones tribales où les talibans pakistanais et les combattants liés à al-Qaïda sont fortement implantés. La ville a été frappée par sept attaques au cours des quatre derniers mois.
Le Pakistan est le théâtre, depuis plus de deux ans, d'une vague d'attentats qui a tué près de 2.300 personnes, perpétrés pour l'essentiel par des
kamikazes du TTP, qui a fait allégeance à Al-Qaïda.




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