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Politique

Parue au Journal officiel, la loi créant le contrat première embauche est désormais applicable, mais l'UMP, sous l'aiguillon de Nicolas Sarkozy qui a multiplié les contacts avec les anti-CPE, a déjà lancé le chantier de sa révision.

La gauche et les syndicats - comme l'a redit le leader CFDT Jacques Chérèque dimanche - sont toujours résolus à obtenir l'abrogation de ce contrat pour les moins de 26 ans, au coeur d'une crise sociale qui dure depuis deux mois.

Ainsi qu'il l'avait annoncé solennellement vendredi, le président Jacques Chirac a promulgué la loi égalité des chances avec ses 52 articles, deux dispositions techniques ayant été censurées jeudi par le Conseil constitutionnel.

Outre les signatures du chef de l'Etat et du Premier ministre, cette loi composite, traitant aussi bien du service civil volontaire que de la lutte contre les discriminations, porte les paraphes de 14 ministres (Intérieur, Culture...).

Son article 8 instaure le très controversé contrat première embauche et encadre son application (un maximum de deux ans d'essai, rupture par l'employeur sans motivation).

Juridiquement, des CPE pourraient donc être signés immédiatement. Mais le chef de l'Etat a clairement souhaité qu'aucun ne le soit avant les modifications qu'il demande: période d'essai réduite à un an, raisons de la rupture du contrat connues du salarié.

Message reçu, a dit samedi la présidente du Medef, Laurence Parisot, pour qui "les chefs d'entreprise vont attendre le nouveau CPE". D'ailleurs, a-t-elle argumenté, "ils n'aiment pas l'incertitude juridique" et ont compris que les contours du CPE allaient être "redessinés".

De ce point de vue, "la balle est dans le camp de l'Assemblée et du Sénat", a déclaré dimanche sur Radio J Bernard Accoyer, chef des députés UMP.

C'est en effet au Parlement qu'il revient de proposer un nouveau texte - proposition et non projet de loi - ainsi qu'il a été arrêté lors d'une réunion samedi à Matignon de tous les caciques UMP autour du chef de gouvernement. 

 
Des étudiants votent la poursuite de la grève pour protester contre le CPE, le 1er avril 2006 à l'université de Lille 3
©AFP - François Lo Presti

 

Cinquième mobilisation nationale pour écarter définitivement le CPE

04/04/2006

Des étudiants de la Sorbonne préparent des pancartes anti-CPE le 3 avril 2006 à Paris pour la manifestation du 4 Avril 2006

Les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens appellent mardi à une cinquième mobilisation nationale, espérant consolider le rapport de force, après la suspension de facto du CPE, pour obtenir son abandon définitif.

Manifestations partout en France, grèves dans le public, et le privé: l'objectif des syndicats est de faire au moins aussi bien que le 28 mars, qui avait vu entre un et trois millions de personnes descendre dans la rue, une lame de fond sans précédent.

C'est à l'école et dans les transports que les perturbations devraient être les plus perceptibles.

Dans l'Education nationale, de nombreuses classes ne seront pas assurées, alors que la coordination lycéenne et étudiante prône une "grève générale reconductible".

Côté transports, le trafic sera perturbé à la SNCF - 72% de TGV, 45% de Corail, un TER sur deux -, à la RATP - deux métros sur trois - et dans une trentaine de réseaux urbains de province.

Outre la Fonction publique d'Etat, de nombreux secteurs seront touchés - postes et télécommunications, médias (peu de journaux mardi), banques, énergie, chimie, commerce, construction, métallurgie - même si le nombre des appels à la grève semble inférieur à celui enregistré le 28 mars.

C'est toutefois la participation aux défilés qui devrait permettre de mesurer le niveau de la mobilisation mardi.

A Paris, où l'intersyndicale des 12 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires, Unef, Fidl, UNL) donnera une conférence de presse à 12H, avec la participation de John Monks, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), le cortège quittera la place de la République à 14H30 pour rallier la place d'Italie. Un très gros effectif policier est mobilisé afin de prévenir les risques d'incidents.

Cette cinquième journée de mobilisation intervient alors que l'intervention télévisée de Jacques Chirac, vendredi, a déclenché un processus juridico-politique consacrant la suspension de facto du contrat première embauche.

Lundi, Jean-Louis Borloo, a écrit aux fédérations professionnelles pour leur "recommander" dans un souci de "sécurité juridique", de "ne pas signer" de CPE "avant l'entrée en vigueur" de la nouvelle loi.

Dominique de Villepin, lui, a réuni ses ministres pour évoquer l'action gouvernementale dans les mois à venir, mais dans l'immédiat c'est Nicolas Sarkozy qui est à la manoeuvre avec les parlementaires UMP, chargés de conduire la rédaction du nouveau texte.

Le chef de file des députés UMP, Bernard Accoyer, dévoilera mardi en fin de matinée la composition du groupe d'une quinzaine de parlementaires chargé de l'élaborer, qui arrêtera sa méthode de travail dès mardi soir.

Mardi soir encore, M. Accoyer doit adresser un courrier aux syndicats pour les convier à des entretiens dont son entourage affirme qu'ils pourraient débuter mercredi ou jeudi.

 

Mobilisation réussie des anti-CPE à la veille de discussions avec l'UMP

Des milliers de personnes manifestent à Toulouse contre le CPE, le 4 avril 2006

 

 Les syndicats de salariés, d'étudiants et lycéens, mobilisés mardi contre le contrat première embauche (CPE), ont pleinement atteint l'objectif de faire aussi bien que le 28 mars, où entre 1 et 3 millions de personnes avaient manifesté, à la veille de l'ouverture de discussions avec les parlementaires UMP. .

A 17H00, on dénombrait entre 935.300, selon la police (sans Paris), et 3,1 millions de manifestants, selon la CGT, contre, le 28 mars à la même heure, une fourchette comprise entre 940.750 (sans Paris) et 3 millions.

Le nombre de grévistes a cependant marqué une baisse sensible par rapport au 28.

La suspension de facto du CPE par le président Jacques Chirac et la promesse de revoir les deux points litigieux --période d'essai et non motivation du licenciement-- n'a donc pas suffi à calmer les opposants au CPE, mobilisés depuis deux mois contre ce contrat spécifique aux jeunes de moins de 26 ans.

Désormais en charge du dossier avec son homologue au Sénat, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a invité par courrier les partenaires sociaux à venir le rencontrer dès mercredi dans le cadre de rencontres séparées.

Manifestation anti-CPE dans les rues de Paris, le 4 avril 2006

Ceci "sans préjuger du contenu de la proposition de loi" que les parlementaires UMP sont chargés d'élaborer, et qui sera discutée début mai.

Une invitation que les leaders syndicaux se sont déclarés prêts à accepter, prévenant cependant qu'ils s'y rendraient "pour demander à nouveau le retrait du CPE" et "pas pour négocier des aménagements", selon les termes de Bernard Thibault (CGT).

Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a déclaré à l'Assemblée nationale que ces discussions devaient "parvenir rapidement à de bonnes solutions".

"Le gouvernement ne baissera pas les bras, il ne se ralliera pas à ceux qui entraînent notre pays dans la voie de l'immobilisme", a-t-il prévenu.

Selon un sondage BVA/L'Expresse, le Premier ministre enregistre sa plus faible cote de popularité depuis sont entrée en fonction (28% d'opinions positives), et 45% des Français souhaitent son départ de Matignon.

A Paris, 700.000 personnes ont défilé, selon les syndicats, et presque partout en France, les cortèges ont égalé ou dépassé ceux du 28 mars: de 35.000 à 250.000 à Marseille, de 52.000 à 100.000 à Nantes, de 45.000 à 120.000 à Bordeaux.

"On voit bien que le gouvernement et les politiques sont en train de lâcher, il faut aller au bout", a déclaré François Chérèque (CFDT), jugeant la journée "réussie".

Les grèves ont été en revanche moins bien suivies, notamment dans le public. 

Dans l'Education nationale, le ministère chiffre entre 16,14% et 28,42% le taux de grévistes, soit quelque 10 points de moins que le 28 mars.

A la SNCF, le taux de grévistes était de 18,3% contre 27,7% le 28 mars, selon la direction.

Les perturbations ont peu affecté les transports urbains, à Paris et dans les 32 villes touchées (contre 76 le 28).

Télécommunications (13% de grévistes à France Télécom contre 22% le 28 mars), Poste (8,4% contre 14,7%) médias (quelque quotidiens absents des kiosques), banques, énergie, commerce ont été également diversement perturbés.

"Le mouvement ne s'achèvera pas avec cette journée", a assuré M. Thibault avertissant: "dès demain (mercredi), nous appellerons à une poursuite du mouvement avec de nouvelles formes d'action pour tenir compte des vacances scolaires".

De son côté, jugeant que "le mois de mai, c'est trop loin,", Jean-Claude Mailly (FO) a déclaré qu'il fallait "une réponse rapide, sinon ça s'appelle jouer la montre, jouer le pourrissement".

Les syndicats lycéens, de leur côté, disent ne pas avoir pas été contactés pour débattre du CPE, et déplorent cette façon d'ignorer la jeunesse, selon le président de l'UNL, Karl Stoeckel.

De même, l'Unef dit être "disposé à toute rencontre mais subordonnée au retrait du CPE".

 

« Lyon était supérieur à Milan »

C'est le même cauchemar, des regrets qui s'annoncent encore éternels, même si les acteurs et le cadre ont changé. Comme l'an passé, Lyon a été sorti en quart de finale de la Ligue des champions après avoir été virtuellement qualifié pendant une longue partie du match. L'an passé, contre le PSV Eindhoven, l'affaire avait duré 39 minutes, et le penalty non sifflé sur Nilmar avait entraîné une rancoeur tenace. Cette fois, Lyon a tenu l'AC Milan par le maillot pendant 57 minutes. Il était encore qualifié à deux minutes de la fin de la rencontre, par la vertu du but inscrit à l'extérieur (1-1). Moins de cinq minutes plus tard, M. Hauge avait renvoyé tout le monde au vestiaire, mais les Rhodaniens stationnaient encore sur la pelouse de San Siro, foudroyés par un tableau d'affichage surréaliste : 3-1 pour Milan. Première défaite à l'extérieur depuis plus d'un an. Terrible et sans recours. L'équipe italienne, qui disputera sa troisième demi-finale en quatre saisons, et qui n'a d'ailleurs laissé passé aucune des deux précédentes, a refait le coup de 2003, quand l'Ajax Amsterdam avait été éliminé dans le temps additionnel au même niveau de la compétition pour n'avoir pas conservé son 2-2 (3-2 score final). Au terme d'un double rendez-vous intense et ultra serré, le métier des Milanais a fait la différence, sa qualité individuelle aussi, avec le soupçon de réussite indispensable à ce niveau. « Pourtant, Lyon était supérieur à Milan » a d'emblée commenté Gérard Houllier.

Les regrets, une nouvelle fois, sont multiples. Ils épargnent l'arbitrage. Ils épargnent aussi tout soupçon de manque de maturité tactique, celui qui avait plané l'an passé à Eindhoven lorsque Lyon avait tangué sur son plan de jeu pendant qu'il menait d'un but. Ils s'attachent d'abord à cette réussite qui, dixit Juninho sur Canal+, « est avec Lyon en Championnat mais fuit l'équipe en Ligue des champions. » Cette explication ne résiste cependant pas complètement à l'analyse du match, et surtout de deux des trois buts italiens : celui qui a permis à Inzaghi d'ouvrir le score (25e) et celui qui a achevé Lyon trois minutes après la fin du temps réglementaire. « Je constate qu'ils ont eu lieu à cause d'erreurs » a remarqué Gérard Houllier sur TF1. En cause : deux pertes de ballons, l'une de Fred, l'autre de Clerc. Pour mener ces buts à terme, il avait cependant fallu toute la qualité technique des joueurs milanais, celle de Chevtchenko, auteur d'une frappe croisée tapant deux fois le poteau sur le deuxième but, celle d'Inzaghi, au placement aussi irréprochable que sa tête croisée, celle de Seedorf, passeur impeccable sur l'ouverture du score. Mais au commencement, était l'erreur technique, toujours punissable à ce niveau. Il y a enfin, il y a surtout, le manque de réalisme qui accompagne Lyon depuis quatre matches et sa victoire à Sochaux le 18 mars (4-0). Depuis, l'OL n'a jamais marqué plus d'une fois. Une telle série n'est pas inédite cette saison, mais en octobre, Lyon avait su aussi ne pas encaisser plus d'un but par match. Les opportunités, une nouvelle fois, n'ont pas manqué. « Je regrette que nous n'ayons pas bénéficié des nombreuses

 

Villepin aborde affaibli sa conférence de presse mensuelle

 

Le Premier ministre Dominique de Villepin quitte l'Elysée le 5 avril 2006 à Paris, à l'issue du conseil des ministres

 

Dominique de Villepin, fragilisé par deux mois de crise autour de son contrat première embauche, va chercher à rebondir ce jeudi en se projetant dans l'après-CPE lors de sa neuvième conférence de presse mensuelle.

Matignon n'a pas dévoilé le fil conducteur de son intervention, retardée d'une semaine en raison de l'actualité sociale. Les proches du Premier ministre lui conseillent de recentrer son action sur des thèmes comme les liens entre université et emploi, ou la lutte contre la précarité, mais il n'échappera pas aux questions sur la crise actuelle, dont il voudrait vite tourner la page.

Ces dernières semaines l'ont vu dégringoler dans les sondages, atteignant son plus bas niveau depuis son entrée en fonctions avec 28% d'opinions positives selon une enquête BVA-L'Express à paraître jeudi.

Après un séminaire gouvernemental lundi, le chef du gouvernement a réuni mercredi à Matignon une vingtaine de ses ministres pour "faire le point sur les questions qui seront traitées dans les prochains mois dans le cadre de l'action gouvernementale", selon son entourage.

Ces derniers jours, de concert avec le président Jacques Chirac, M. de Villepin a cherché à minimiser les dégâts pour l'exécutif occasionnés par la "promulgation suspension" élyséenne du CPE et à s'affirmer aux commandes du gouvernement.

Mercredi à l'Assemblée, il a prévenu sa majorité et Nicolas Sarkozy qu'en tant que "chef du gouvernement", il "tirerait naturellement toutes les conclusions nécessaires au fil des prochains jours" des tractations sur le CPE et qu'il ne laisserait ce soin à "personne d'autre".

Il a toutefois souligné qu'il serait "toujours là" au "rendez-vous des actes", laissant ainsi entendre qu'il n'entendait pas démissionner.

 

CPE: poursuite des discussions UMP-syndicats.

 

Le Premier ministre Dominique de Villepin lors de sa conférence de presse mensuelle à Paris, le 6 avril 2006

 

 Dominique de Villepin a tenté jeudi de rebondir en annonçant l'ouverture de nouveaux "chantiers" sans lâcher son CPE, alors que les principaux syndicats étudiants et lycéens ont appelé à "poursuivre la mobilisation" après leurs entretiens avec les parlementaires UMP.

Très fragilisé par cette crise entamée il y a plus de deux mois, qui a nourri les spéculations sur son éventuel départ de Matignon, le Premier ministre a clairement indiqué qu'il ne démissionnerait pas et a tenté de se projeter dans l'après-CPE, lors de sa neuvième conférence de presse mensuelle.

Il a affirmé qu'il "mènerait jusqu'au bout" la mission de la "bataille pour l'emploi" que lui a confiée Jacques Chirac et défendu l'"outil" du contrat première embauche.

Le chef du gouvernement a souhaité, dans le même temps, "un apaisement" et un "dialogue sans aucun a priori". A l'issue de la concertation menée par les parlementaires UMP, "nous tirerons ensemble les conclusions", a-t-il indiqué.

 

Déclarations de Villepin (durée: 1mn)

 

Signe de cette volonté de dépasser la crise, M. de Villepin a annoncé l'ouverture de "trois chantiers nouveaux": "sécurisation des parcours professionnels", "lutte contre la pauvreté et l'exclusion" et "renforcement des liens entre l'université et l'emploi".

Sans surprise, son intervention n'a pas désarmé les opposants au CPE, qui ont exigé mercredi le vote d'ici au 17 avril d'une loi abrogeant ce dispositif.

François Hollande (PS) a estimé que M. de Villepin "au lieu d'apaiser, inquiète et complique", et a réitéré l'"exigence" d'une abrogation du CPE.

Le PCF a accusé le Premier ministre de "tenter de gouverner contre le peuple", et les Verts ont dénoncé une "attitude de pompier pyromane".

Le villepiniste Hervé Mariton (UMP) a jugé M. de Villepin "volontaire, exigeant, responsable", tandis que Pierre Méhaignerie, secrétaire général de l'UMP, a prôné une "suspension" du CPE pour "trois à six mois", le temps de "négociations avec les syndicats".

Etudiants manifestant à Rennes le 6 avril 2006

 

Ces derniers ont réaffirmé à l'unisson que "les débats" souhaités par le chef du gouvernement ne pourraient s'ouvrir avant une abrogation du contrat litigieux.

"L'urgence, c'est de retirer le CPE", a résumé Jacques Voisin (CFTC).

Le Premier ministre s'est montré "hors du temps et du réel", a estimé Jean-Claude Mailly (FO).

De leur côté, les principaux syndicats d'étudiants et de lycéens sont sortis déçus de leurs entretiens au Sénat avec les présidents des groupes parlementaires UMP, chargés de rédiger une proposition de loi sur le CPE.

L'Unef et l'Unl ont appelé à "maintenir la pression" et Bruno Julliard (Unef) a souhaité "une intensification" du mouvement.

A l'inverse, Laurence Parisot (Medef) a indiqué avoir "le sentiment que la situation est en train de s'apaiser", et Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) a jugé que "nous sommes en bonne voie" pour "débloquer cette situation".

Les dirigeants étudiant et lycéen Bruno Julliard (G) Karl Stoeckel le 6 avril 2006

 

Pendant ce temps, à l'Assemblée nationale, le PS a lui aussi entamé des entretiens avec les représentants des syndicats étudiants, lycéens et de salariés.

Une proposition de loi d'abrogation du CPE des sénateurs PS, PCF, Verts et radicaux de gauche sera déposée vendredi, a annoncé le groupe PS au Sénat.

Sur le terrain, des actions coup de poing ont visé plusieurs gares de Paris et de province.

Quarante-deux universités restaient perturbées et neuf étaient bloquées ou fermées, tandis que 33 fonctionnaient normalement, selon l'Education nationale.

 

CPE: fin des consultations UMP-syndicats, sortie du coma du syndicaliste Sud-PTT

 

Jean-François Roubaud (g), le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) à Paris le 7 avril 2006

 

 La consultation de l'ensemble des partenaires sociaux sur le CPE à peine bouclée, vendredi à midi, les regards se tournent vers la mission UMP chargée de proposer une nouvelle loi en concertation avec le gouvernement, pour connaître le sort réservé au CPE.

En marge de ce dossier, le syndicaliste de Sud-PTT, Cyril Ferez, grièvement blessé durant une manifestation contre le CPE, le 18 mars place de la Nation à Paris, "est sorti du coma", a annoncé vendredi l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).Beaucoup d'incertitudes continuent d'entourer les circonstances exactes des événements ayant conduit au coma de Cyril Ferez, 39 ans, plusieurs témoignages apportant des réponses parfois contradictoires.

Entamées mercredi après-midi, les rencontres entre les présidents de groupes UMP et leurs quinze interlocuteurs (syndicats de salariés, étudiants et lycéens et organisations patronales) se sont achevées sans que rien ne laisse deviner le sort qui sera réservé au contrat première embauche, alors que les voix se multiplient pour réclamer une sortie de crise rapide.

Le syndicaliste de Sud-PTT allongé sur le sol après avoir été pris dans des heurts le 18 mars 2006 place de la Nation à Paris

 

Les syndicats sont restés fermes sur la ligne définie mercredi en commun : exigence de retrait du CPE d'ici le 17 avril --date du début des vacances parlementaires-- avant toute éventuelle discussion sur l'emploi des jeunes, surfant sur le sentiment général d'inquiétude face à une situation bloquée.

En charge de la proposition de loi qui déterminera le sort du CPE --abrogation, suspension ou modification des points litigieux-- les présidents de groupe UMP Bernard Accoyer (Assemblée) et Josselin de Rohan (Sénat) ont prévenu qu'ils attendraient l'issue des rencontres pour se prononcer.

Jeudi, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a insisté de nouveau sur le fait que les "conclusions" de la concertation seraient "tirées ensemble", avec les parlementaires.

Ne dévoilant rien de ses intentions, le Premier ministre, fragilisé par cette crise entamée il y a plus de deux mois, a souhaité "un apaisement" et un "dialogue sans aucun a priori".

Etudiants manifestant à Rennes le 6 avril 2006

 

Il a affirmé qu'il "mènerait jusqu'au bout" la mission de la "bataille pour l'emploi" que lui a confiée Jacques Chirac et défendu l'"outil" du contrat première embauche.

Pourtant, il a souhaité se placer d'ores et déjà dans l'après-crise en annonçant l'ouverture de "trois chantiers nouveaux" : "sécurisation des parcours professionnels", "lutte contre la pauvreté et l'exclusion" et "renforcement des liens entre l'université et l'emploi".

Les pressions s'accentuent sur le gouvernement pour qu'une décision soit prise rapidement.

Les présidents d'université et les proviseurs de lycées se sont adressés ainsi solennellement jeudi au gouvernement et aux jeunes, soulignant l'urgence d'une sortie de crise, avec des examens universitaires qui démarrent en mai, et le bac fixé le 12 juin.

La présidente du Medef Laurence Parisot a insisté vendredi sur le "coût" de la crise "pour notre pays", affirmant qu'il "fallait tout faire pour y mettre un terme rapide".

Pour Mme Parisot, on se trouve actuellement "à la limite" en ce qui concerne les répercussions sur l'économie de la crise engendrée par le CPE.

Les "douze" de l'Intersyndicale ont prévenu, dès mercredi, qu'ils décideraient lundi soir, d'une nouvelle mobilisation si le CPE n'était pas abrogé, à l'occasion d'une réunion fixée à 16H30.

Etudiants et lycéens maintiennent, eux, la pression dans la rue, alors les vacances scolaires sont imminentes (dès le 8 avril pour l'Ile-de-France et Bordeaux). Des actions coup de poing ont visé plusieurs gares de Paris et de province jeudi et des incidents ont émaillé plusieurs manifestations de jeunes, comme à Caen ou à Toulouse. Ces actions se poursuivaient vendredi.

Quarante-deux universités restaient perturbées et neuf étaient bloquées ou fermées, tandis que 33 fonctionnaient normalement, jeudi.

 

CPE: l'UMP cherche une sortie de crise, 11 blessés légers à Paris dans une manifestation

 

Les présidents du groupe UMP à l'Assemblée nationale et au Sénat, Bernard Accoyer (c) et Josselin de Rohan (g) et le porte-parole de l'UMP Laurent Hénart, le 7 avril 2006 à l'Assemblée nationale à Paris

 

Les parlementaires UMP chargés de la sortie de crise du CPE sont "déterminés à tout faire pour que la proposition de loi" sur l'emploi des jeunes "soit prête dès lundi", a-t-on appris vendredi dans l'entourage du chef de file des députés UMP Bernard Accoyer.

"Durant tout le week-end", les présidents de groupe à l'Assemblée nationale et au Sénat, Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, ainsi que les rapporteurs du texte Egalité des chances, le député Laurent Hénart et le sénateur Alain Gournac "vont travailler" à la rédaction de cette proposition en relation avec Jean-Louis Borloo (Cohésion sociale) et Gérard Larcher (Emploi), a-t-on ajouté de même source.

Les six hommes ont eu des entretiens depuis mercredi avec les représentants des organisations syndicales, patronales, étudiantes et lycéennes.

Dans une déclaration commune vendredi, les parlementaires n'ont rien dévoilé de leur piste de travail se contentant d'évoquer "une synthèse" de leurs entretiens pour "élaborer" cette proposition de loi que leur a confiée samedi dernier le gouvernement.

Cette déclaration intervient après la série d'entretiens avec les organisations syndicales, patronales, étudiantes et lycéennes menée depuis mercredi par les deux hommes.

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