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Finances

 

minées par les craintes d'inflation
 

Les principales Bourses européennes, au premier rang desquelles Paris et Francfort, ont décroché mercredi après de nouveaux chiffres de l'inflation aux Etats-Unis qui ont fait ressurgir les craintes de voir la Banque centrale américaine relever encore ses taux.

A la Bourse de Paris, l'indice phare, le CAC 40, a terminé en baisse de 3,18%, à 4.920,31 points, finissant sous le seuil des 5.000 points pour la première fois depuis deux mois.

Londres a fini en baisse de 2,92% à 5.675,5 points, son plus bas niveau de ces presque quatre derniers mois. Plombée par les craintes face aux perspectives d'inflation, elle a aussi pâti d'un repli des groupes miniers (Anglo American, BHP Billiton et Rio Tinto notamment), très présents sur sa cote, dans le sillage d'un recul des prix des métaux.

En Allemagne, la Bourse de Francfort a cédé 3,40%.

L'indice AEX de la Bourse d'Amsterdam a reculé de 3,24%, celui de la Bourse suisse, le SMI, de 2,90%, et celui de Milan, le MIB, de 2,85%.

En Belgique, le Bel-20 a perdu 3,12%, en Espagne, l'Ibex 35 a reculé de 3%, et au Portugal, le PSI a baissé de 1,45%.

Tous ces indices avaient pourtant débuté la séance de mercredi dans le vert, après une clôture en hausse des principales places asiatiques: l'indice japonais de référence, le Nikkei, avait pris 0,92%, la Bourse de Hong Kong 1,36% et celle de Shanghai 0,74%.

Le rebond intervenait après les replis de vendredi et lundi, provoqués par la hausse de l'euro face au dollar et une envolée des matières premières qui avait alimenté les craintes en matière d'inflation.

La remontée des marchés européens aura cependant été de courte durée, vite sapée par la publication de chiffres de l'inflation aux Etats-Unis décevants.

Les prix à la consommation ont ainsi progressé de 0,6% en avril par rapport à mars aux Etats-Unis, contre 0,5% attendu par les analystes.

Dans le même temps, l'indice de base, calculé hors alimentation et énergie et très suivi par la Banque centrale américaine pour décider de sa politique monétaire, a augmenté de 0,3%, quand les analystes attendaient 0,2%.

Après ces chiffres, à New York, le Dow Jones cédait 1,47% et le Nasdaq 1,09% mercredi vers 19H00 (17H00 GMT).

"Avec les derniers chiffres de l'inflation, la pression sur la Réserve fédérale américaine (Fed) pour qu'elle augmente encore ses taux lors de sa réunion de juin s'accroît", a souligné Julie Leibowitch, économiste chez SG CIB.

"Il va être d'autant plus difficile pour la Fed de décider d'une pause dans son cycle de resserrement monétaire lors de sa réunion de juin qu'elle n'a pas prouvé sa capacité à lutter contre l'inflation", soulignait Rob Carnell, économiste chez ING.

Lors de sa dernière réunion le mercredi 10 mai, la Fed avait relevé son taux directeur de 25 points de base, à 5%, en soulignant bien que de nouvelles hausses de taux pourraient éventuellement être encore nécessaires "pour lutter contre les risques d'inflation".

Elle avait aussi précisé que ses décisions seraient à l'avenir davantage dépendantes des indicateurs publiés.

Dans ce contexte, l'annonce mardi d'une progression des prix à la production américains inférieure aux attentes avait rassuré les investisseurs - momentanément.

Les prix à la production s'étaient affichés en hausse de 0,9% en avril par rapport à mars, contre 0,8%, mais en progression de seulement 0,1% pour l'indice de base, quand les analystes tablaient sur 0,2%.

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sur l'OPA de Mittal dès son plan industriel en mains
 
 
 

Le géant de l'acier Arcelor a reporté dimanche l'examen de l'OPA améliorée à 25,8 milliards d'euros de Mittal Steel dans l'attente d'avoir en mains le projet industriel de son prédateur et l'approbation de sa nouvelle offre par les autorités boursières.

Réuni à Luxembourg pendant près de quatre heures, le conseil d'administration (CA) d'Arcelor a promis qu'il "examinera le contenu de l’offre révisée de Mittal Steel dès qu’elle aura été approuvée par la commission de surveillance du secteur financier (CSSF)", le gendarme boursier luxembourgeois.

Le CA, présidé par Joseph Kinsch, a également assuré de "sa volonté d’examiner le plan d’entreprise de Mittal Steel que Lakshmi Mittal a proposé à M. Kinsch de recevoir dans une lettre du 16 mai", selon un communiqué.

Arcelor espère ainsi "pouvoir en apprécier l’intérêt industriel ainsi que la valeur des titres Mittal Steel offerts en échange".

Le numéro 1 mondial de l'acier Mittal Steel avait annoncé le 27 janvier son projet spectaculaire d'offre publique d'achat et d'échange (OPA-OPE) à 18,6 milliards d'euros visant le numéro 2 Arcelor. Lancée officiellement jeudi sur les Bourses européennes, l'offre a été révisée en hausse à 25,8 milliards dès vendredi par Mittal.

Le CA d'Arcelor a "constaté l'évolution récente des termes de l'offre publique d'échange de Mittal Steel".

"Cette évolution conforte son appréciation initiale selon laquelle l'offre était largement insuffisante en termes de valorisation et inadéquate notamment en matière de gouvernance d’entreprise", affirme encore le sidérurgiste.

Même si Arcelor n'a pas rejeté en bloc la nouvelle offre de Mittal Steel, des sources proches du groupe européen ont indiqué dimanche soir que la proposition "était toujours insuffisante".

"La nouvelle offre de Mittal Steel démontre la pertinence des positions prises par le conseil depuis le 29 janvier. Nous continuerons de veiller scrupuleusement à l'intérêt de tous les actionnaires et partenaires du groupe", a assuré M. Kinsch, cité dans le communiqué.

M. Kinsch a également mandaté la direction générale d'Arcelor, emmenée par le Français Guy Dollé, "dès réception du prospectus de l'offre révisée et du plan d'entreprise de Mittal, pour en étudier les conditions et de lui en faire rapport", a-t-il dit.

Le conseil d’administration a en outre chargé la direction générale "de lui présenter toutes les options qui sont dans l’intérêt de tous les actionnaires et partenaires".

Depuis près de quatre mois, Arcelor fait tout pour convaincre ses actionnaires de ne pas céder aux avances de Mittal.

Et il y a peu de chances que l'amélioration offerte par Mittal suffise à convaincre les dirigeants du groupe d'accepter un mariage.

"Arcelor continue à considérer que le rapprochement entre les deux entreprises ne constitue pas un projet industriel convaincant", avait expliqué samedi une source proche du groupe.

Par ailleurs, ses dirigeants ont posé jusqu'à présent comme condition à toute discussion avec son prédateur Mittal de recevoir une offre entièrement en liquide.

Mittal avait fait un geste vendredi en augmentant la partie en liquide de son OPA, de 25% à 29,4% du total, et abaissé en conséquence la partie en actions, de 75% à 70,6%.

De nombreux investisseurs rechignent en effet à accepter des titres d'une société encore mal connue et à la structure jugée opaque.

Dans un entretien à paraître lundi dans La Tribune, M. Mittal s'est déclaré lui "convaincu que, compte tenu du caractère attractif de notre offre révisée, nous obtiendrons plus de 50% des actions" d'Arcelor.

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Le Dow Jones efface tous ses gains de l'année


L'indice Dow Jones de la Bourse de New York a effacé mardi tous ses gains de l'année en s'affichant à la cloche de clôture en baisse de 0,83% à 10.702,93 points alors qu'il avait commencé 2006 à 10.717,50 points.

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Rendements en berne pour les placements sûrs à court terme.

La faute aux taux monétaires et à l'inflation.

Que faire pour limiter la casse ?




En cinq mois, la Banque centrale européenne (BCE) a ramené son principal taux directeur de 4,25% à 1,5%, suite à sa dernière révision début mars. Un mouvement fatal aux placements de court terme. A commencer par les Sicav monétaires. En moyenne, les fonds de trésorerie régulière affichaient, sur les deux premières semaines de mars, une performance annualisée de 1,64%. De quoi rendre nostalgiques les épargnants ayant tiré 4%, voire 4,50% des meilleures Sicav monétaires en 2008. Il est plus que temps pour ceux-ci de rapatrier leurs fonds sur d'autres supports, car le pire reste à venir. Selon certains gérants, un passage sous la barre de 1% est à prévoir dans les mois à venir !

La question est : vers quel autre placement se tourner ? L'épargne réglementée ? Là encore, il faut s'attendre à une décrue des taux. La faute aux taux monétaires dictés par la BCE, mais aussi à une inflation en pente douce depuis quelques mois, et actuellement de 0,9% sur un an. Deux paramètres sur lesquels le taux du Livret A est indexé.

 

Le taux du Livret A à 1% ? Si le gouvernement décide d'utiliser son nouveau pouvoir de modification trimestrielle du ren­dement et d'appliquer stricto sensu la formule de révision de l'épargne réglementée, on devrait voir le Livret A passer de 2,5% à 1% dès le 1er mai, soit en dessous de 2%, son plus bas historique. Parions que le gouvernement n'osera pas ! Auquel cas l'épargne réglementée restera compétitive. Au royaume des aveugles, le borgne est roi. Il faut donc saturer les possibilités qu'elle offre, notamment aux faiblement imposés via le livret d'épargne populaire. Et redécouvrir le plan d'épargne- logement. Ses challengers sont rares. Le compte épargne direct de HSBC, à 3,75% brut fin mars, le livret BinckBank, à 4% brut, ou encore le CodeBis du Crédit Agricole et le livret MMA à 3,60% brut ne succomberont-ils pas à la baisse générale des taux ? On peut le craindre. Quant aux comptes à terme, les conditions affichées par les banques avant négociation sont attristantes. La Banque Postale est parmi les plus généreuses, avec un taux brut de 2,25% pour sa gamme Toniciel Séquence, à douze mois. La moyenne sur le marché se situe à 1,2% et 1,60% sur un an.

Les épargnants ont tout intérêt à se reposer la question de leurs besoins d'épargne de court terme, généralement surestimés. La baisse des rendements devrait les inciter à miser davantage sur un support sécurisé à plus long terme, mais mieux rémunéré, autrement dit le fonds en euros de leur contrat d'assurance vie, rapportant en moyenne 4%. A condition de disposer d'un contrat sans frais d'entrée ou d'être certain de ne pas faire un retrait dans les quatre années suivantes.

  

Le PEL revient dans la course


Avec un taux d'intérêt bancaire à 2,50%, soit 2,20% net de prélèvements sociaux, sur deux ans, le plan d'épargne logement (PEL) retrouve droit de cité dans la famille des produits pour liquidités. Ce taux est, en effet, garanti à la signature jusqu'à l'échéance du placement. Il sera intégralement versé à condition de ne pas solder son plan avant ses deux ans, ce qui condamne tout retrait d'ici là. En revanche, il vous faudra verser 225 euros à la souscription et 540 euros au minimum par an. Le plafond des dépôts, calculé sur quatre ans, étant de 61 200 euros.



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Des placements hasardeux pourraient coûter 5 à 10 milliards d'euros à la Société Générale.







La Société Générale (SG) pourrait enregistrer entre 5 et 10 milliards d'euros de nouvelles pertes à cause d'investissements hasardeux, affirme lundi le quotidien Libération, ce que la banque française a démenti "formellement". 

"En toute discrétion et bien caché dans les annexes de ses comptes, un autre fiasco de quelque 5 milliards d?euros est reconnu par la banque", après l'affaire Kerviel, qui avait déjà coûté 4,9 milliards de pertes en 2007, écrit Libération.



La "Société Générale dément formellement les affirmations de Libération publiées ce jour", a réagi la banque dans une déclaration écrite envoyée à l'AFP.

Le quotidien ajoute que "même si, jusqu?à aujourd?hui, la banque n?a enregistré +que+ 1,2 milliard d?euros de pertes, la facture finale pourrait atteindre les 10 milliards".

De son côté, la Société Générale affirme que le quotidien "fait la confusion entre des pertes et le montant d'actifs transférés en 2008 des OPCVM de SGAM (sa filiale de gestion d'actifs, ndlr) vers Société Générale". Elle ajoute que "les pertes de SGAM au titre de l'exercice 2008 se sont élevées à 258 millions d'euros après impôt", comme indiqué lors de la publication de ces résultats en février, et sont "sans aucun rapport avec ce que prétend" le journal.

Libération indique néanmoins avoir interrogé la banque, qui "ne dément aucun de ces faits édifiants", écrit le quotidien, ajoutant que depuis, "elle s?est empressée de demander le départ de nouveaux responsables".

Libération explique que cette "perte colossale" est le fait d'"un département tout entier de la filiale en charge de la gestion d?actifs", appelé SGAM Alternative Investments (AI).

Ce département "a été laissé libre de spéculer" et a multiplié "par le passé les investissements hasardeux dans ce qu?on appelle des +produits structurés+", des produits financiers complexes.

Si "à ce jour, personne n'est accusé d'un quelconque délit", les patrons de la Société générale, Daniel Bouton, le président, et Frédéric Oudéa, le directeur général, ont "donné des ordres pour faire le ménage" dans cette filiale, dont "les principaux responsables ont été poussés discrètement au départ ou sont sur le point de l?être".

Profitant "de sa large indépendance" au sein de la banque, "deux personnes avaient la mainmise sur le département: Philippe Collas, un proche de Daniel Bouton, directeur général adjoint de la Société générale et patron de l?ensemble de la gestion d?actifs, ainsi que Philippe Brosse, le dirigeant opérationnel de Sgam AI", affirme Libération.

"L?entité Sgam va être démantelée et une partie vendue au Crédit agricole. Plusieurs centaines de personnes pourraient être licenciées lors d?un plan social qui sera lancé d?ici quelques mois", poursuit le journal.

Dans son démenti écrit, la Société Générale n'aborde pas ce point.

Fin janvier, le Crédit Agricole et la SocGen avaient annoncé la création d'une coentreprise dans la gestion d'actifs, détenue à 70% par la première et à 30% par la seconde.


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Trois nouvelles faillites bancaires aux Etats-Unis, dont la plus grosse de l'année





L'agence fédérale de garantie des dépôts bancaires américaine (FDIC) a annoncé vendredi trois nouvelles faillites de banques, dont la plus grande de l'année aux Etats-Unis, celle de la Silverton Bank, de Géorgie (sud-est), qui contrôle 4,1 milliards de dollars d'actifs.
 

Ce sont désormais 32 banques qui ont fait faillite cette année, alors qu'il y en avait eu que 25 sur l'ensemble de 2008, et seulement trois en 2007.

La FDIC a indiqué ne pas avoir trouvé de repreneur pour la Silverton Bank, qui n'avait pas de particuliers parmi ses clients, mais "était une banque pour les professionnels qui fournissait des services de mise en relation à ses clients, des banques".

Les autorités ont donc créé une nouvelle structure qui a repris l'ensemble des actifs et des 3,3 milliards de dollars de dépôts, et doit permettre "aux banques clientes de maintenir les services avec le moins de perturbations possible".

Le coût de ce sinistre pour les comptes de la FDIC a été estimé à 1,3 milliard de dollars.

Silverton Bank, qui avait son siège à Atlanta mais avait 1.400 banques clientes dans 44 Etats américains, est le sixième établissement de Georgie à faire faillite cette année.

La seconde faillite annoncée par la FDIC est celle de la Citizens Community Bank, un établissement beaucoup plus petit du New Jersey (Nord-Est).

Sur ses 45,1 millions de dollars d'actifs, un quart seulement (11,5 millions) seront rachetés par la North Jersey Community Bank, qui a par ailleurs repris ses 43,7 millions de dollars de dépôts.

Le coût pour l'agence a été estimé à 18,1 millions de dollars.

La troisième banque faillie de la journée est la America West Bank, basée dans l'Utah (Ouest), et dont les actifs s'élevaient à 299,4 millions de dollars. L'intégralité de ses 284,1 millions de dollars de dépôts on été repris par une autre banque de l'Utah, la Cache Valley Bank. Le coût de cette faillite pour la FDIC s'élève à 119,4 millions de dollars.



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Société Générale: perte surprise de 278 millions d'euros au 1er trimestre






La Société Générale a enregistré une perte nette de 278 millions d'euros au premier trimestre, plombée par de lourdes dépréciations et une forte augmentation du coût du risque, selon un communiqué de la banque publié jeudi.


Le résultat est très inférieur aux prévisions des analystes, qui tablaient sur un bénéfice de 381 millions d'euros, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires.

Contrairement à la plupart des grandes banques occidentales, la Société Générale était restée bénéficiaire au quatrième trimestre 2008, à hauteur de 87 millions d'euros.

Comme attendu, le conseil d'administration de la banque a approuvé le recours à la deuxième tranche du plan de soutien du gouvernement, qui va se traduire par l'émission d'actions de préférence pour 1,7 milliard d'euros. Une décision prise "compte tenu de l'incertitude très forte qui affecte les perspectives économiques des prochains trimestres et afin de continuer à accorder des crédits à l'économie française".

Au premier trimestre, l'établissement a dû passer pour 1,5 milliard d'euros de dépréciations, qui correspondent à la baisse de valeur de certains de ses actifs.

Outre l'impact des marchés financiers, la banque a également souffert d'une dégradation de l'économie réelle, qui lui a valu une augmentation de 1,3 milliard d'euros du coût du risque (provisions liées aux défaillances de clients).

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Dominique Mariette
Journaliste spécialiste des questions financières. Ancienne rédactrice en Chef de la Tribune.


Un nouveau cataclysme financier se profile à l'horizon




La crainte d'un nouveau tsunami financier prend de l'ampleur. Il ne trouvera pas ses origines dans des prêts immobiliers attribués à des particuliers insolvables, comme ce fut le cas avec les "subprime" américains, mais dans les prêts accordés aux fonds d'investissements pour racheter des entreprises. En Europe, 150 milliards d'euros de crédit pourraient se traduire par des pertes sèches pour les banques. Il s'agit de la fameuse dette LBO (leveraged buy out) du nom de la technique qui permet d'acquérir une entreprise avec effet de levier: peu de capital initial mais beaucoup d'endettement.
Depuis le début des années 2000 et jusqu'à l'année dernière, les fonds spécialisés dans les LBO ont levé des capitaux en masse et obtenu des banques tous les prêts qu'ils désiraient à des taux avantageux assortis de clauses de moins en moins restrictives. A la belle époque, les banquiers se précipitaient pour être retenus parmi les prêteurs. Il aurait été du dernier ringard de ne pas être admis dans le cercle des élus. Les fonds d'investissement spécialisés dans les LBO ont fort bien vécu. En revendant les entreprises 4 ou 5 ans après leur acquisition, ils réalisaient de confortables plus-values qui permettaient de rembourser l'endettement et de rémunérer les investisseurs entre 15 et 20% par an, parfois davantage. Sur le plan financier tout le monde y trouvait son compte. Les perspectives de gains étaient si attrayantes que les fonds d'investissement ont élargi leur champ d'intervention des sociétés non cotées aux entreprises cotées en Bourse. Pour nombre d'experts, les fonds LBO ont permis au capital-investissement d'accéder au rang des acteurs incontournables du financement des entreprises des plus petites aux plus grandes.
La crise financière et la récession économique qu'elle a provoqué donnent aujourd'hui de sueurs froides aux princes des LBO et surtout aux banquiers, leurs pourvoyeurs de fonds. Car les prévisions sont de plus en plus pessimistes. L'agence de notation Fitch estime que les taux de défaut pourraient passer de 10% à 15% d'ici 12 à 18 mois. Mais le plus dur reste à venir. Selon Fitch, 50% des 250 milliards d'euros de dette notée par ses soins sont en risque de défaillance. En France à la fin de l'année dernière, les banques avaient inscrits à leur bilan environ 60 milliards d'euros de dette dont 28 milliards recèlent des pertes potentielles d'après les experts. BNP Paribas a prêté 8,4 milliards d'euros et la Société Générale 5,4 milliards.
Comme d'habitude les banquiers se veulent rassurants. Baudouin Prot le directeur général de BNP Paribas affirmait récemment que le portefeuille LBO de sa banque était de bonne qualité. L'heure est donc à la sérénité. Une voix s'est pourtant élevée la semaine dernière pour mettre en garde les banquiers contre "le syndrome du retour à la normale". En s'exprimant ainsi, Christian Noyer le gouverneur de la Banque de France est sorti de sa prudence de chat devenue légendaire. Il a insisté sur les risques de "second tour" de la crise en particulier sur les dérivés de crédit et les financements à effet de levier. La dette LBO fait partie de cette dernière catégorie.
Jusqu'à présent les banques ont tout fait pour ne pas afficher de pertes sur les financements LBO. Lorsque les entreprises éprouvent des difficultés à rembourser la dette, les banquiers proposent des rééchelonnements. Si la situation devient plus grave les banquiers acceptent de transformer de la dette en capital et d'injecter des capitaux. Le fabricant de toitures Monier, qui était propriété du fonds PAI vient d'être sauvé par un pool bancaire et un consortium de fonds. Il croulait sous 1,8 milliard d'euro de dette et était dans l'incapacité de rembourser. Materis, fabricant de matériaux pour la construction, filiale de la société d'investissement Wendel va bénéficier d'un rééchelonnement de sa dette qui avait atteint la somme astronomique de 2 milliards d'euros... Pour le moment les banques passent à travers les gouttes, mais pour combien de temps? Elles ne pourront multiplier à l'infini les restructurations de dettes ni la transformation de dette en capital. Un jour ou l'autre elles devront bien passer par pertes et profits certaines de leurs créances. Les fonds spécialisés dans le rachat d'entreprises en difficulté ayant fait l'objet d'un LBO, qualifiés aussi de fonds de retournement sont à l'affut. Ils espèrent réaliser de bonnes affaires car ils rachètent les entreprises en demandant aux banques d'abandonner 50% de la dette et de convertir le reste en capital. Mais cette technique entraine fatalement des pertes pour les créanciers. Les banques françaises ont évoqué en France, l'idée d'une "bad bank" ou banque poubelle qui aurait repris les dettes à effet de levier mais le projet n' a pas abouti.
Une chose est sûre la sphère financière redoute que la dette LBO ne mette sur le flan des banques que l'on croyait revigorées ou carrément sorties d'affaire. S'il y a vraiment péril en la demeure, pourquoi les gouvernants, les régulateurs et les dirigeants de banques ne prennent-ils pas les devants pour trouver les moyens d'amortir le choc? Il ne suffit pas de faire la politique de l'autruche ou de miser sur une reprise de la croissance économique plus rapide que prévu pour éviter les risques.

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