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18 Octobre 2009
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Mobilisation réussie des anti-CPE mardi, discussions syndicats-UMP
Les anti-CPE n'ont pas désarmé mardi, manifestant partout en France en aussi grand nombre que le 28 mars --entre 1 et 3,1 millions de personnes-- pour réclamer l'abrogation pure et simple du contrat première embauche (CPE), alors que les partenaires sociaux doivent rencontrer mercredi des parlementaires UMP.
Les chiffres de la police --1.028.000 manifestants, dont 84.000 à Paris-- comme ceux des syndicats --3,1 millions-- attestent que la participation a été semblable à celle du 28 mars, qualifiée d'"historique" par les syndicats.
Le nombre de grévistes a cependant marqué une baisse sensible.
La suspension de facto du CPE par le président Jacques Chirac et la promesse de revoir les deux points litigieux --période d'essai et non motivation du licenciement-- n'a donc pas suffi à calmer les opposants au CPE, mobilisés depuis deux mois contre ce contrat spécifique aux jeunes de moins de 26 ans.
Désormais chargé du dossier avec son homologue au Sénat, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a invité mardi par courrier les partenaires sociaux à venir le rencontrer dès mercredi dans le cadre de rencontres séparées.
Ceci "sans préjuger du contenu de la proposition de loi" que les parlementaires UMP sont chargés d'élaborer, et qui sera discutée début mai.
Les principaux leaders syndicaux ont accepté, prévenant qu'ils viendraient "demander à nouveau le retrait du CPE", excluant de "négocier des aménagements", selon les termes de Bernard Thibault (CGT).
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a déclaré à l'Assemblée nationale que ces discussions devaient "parvenir rapidement à de bonnes solutions. Selon un sondage BVA/L'Express, il enregistre sa plus faible cote de popularité depuis son entrée en fonction (28% d'opinions positives).
A Paris, de 80.000 personnes, selon la police, à 700.000, selon les syndicats (de 92.000 à 700.000 le 28 mars) ont défilé contre le CPE, mais aussi contre "la façon d'agir du gouvernement", dénonçant "un réel abus de pouvoir d'une minorité politique", selon une étudiante.
Presque partout en France, les cortèges ont égalé ou dépassé ceux du 28 mars: de 35.000 à 250.000 à Marseille, de 52.000 à 100.000 à Nantes, de 45.000 à 120.000 à Bordeaux.
Un membre du "gang des barbares", soupçonné de l'enlèvement et de la mort d'Ilan Halimi, s'est livré lundi à la police qui le considère comme un lieutenant présumé de leur chef, Youssef Fofana, et une "pièce maîtresse" de la bande.
Selon une source policière, Jean-Christophe S, dit "Marc", "Crim" ou "Craps", d'origine africaine, était mardi en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle, en charge de cette enquête.
Celle-ci peut durer jusqu'à quatre jours, selon la source, ce qui "laisse du temps pour l'interroger sur son rôle, celui de leur chef" et déterminer les conditions exactes, "encore imprécises et controversées par les suspects", de l'enlèvement et de la mort d'Ilan Halimi.
En l'état des auditions, "Craps" semble "vouloir charger Fofana", a précisé cette source, ce dernier l'ayant aussi mis en cause.
C'est "parole contre parole", d'après cette source, "il faut affiner les témoignages".
"Craps" se savait recherché. Il s'est livré lundi après-midi à l'hôtel de police de Bobigny, selon une source judiciaire, confirmant une information révélée par Le Monde dans son édition en ligne, en raison "de l'étau se ressérant sur lui".
C'est une "pièce maîtresse" du gang, a précisé la source policière.
Jean-Christophe C. réside à Bobigny où la police, selon cette même source, a exercé une pression sur son entourage afin qu'il se rende.
Deux autres présumés lieutenants de Fofana étaient mardi en cavale. Leur interpellation est considérée comme importante pour "boucler la boucle", selon la source policière, sur les présumés "gros bras" du "gang des barbares" qui ont été présents et "très actifs" aux côtés de Fofana.
Lors de sa première audition, la semaine dernière, par la juge Corinne Goetzmann chargée du dossier, Fofana a reconnu un "rôle de meneur", contestant le "caractère antisémite" de l'enlèvement d'Ilan Halimi, 23 ans, retrouvé agonisant le 13 février, après plus de trois semaines de séquestrations dans une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine).
Fofana, interpellé en Côte d'Ivoire en février, avait indiqué sur place à la police ivoirienne avoir "donné des coups" de poignard à Ilan, à l'issue de l'enlèvement tout en mettant en cause des complices dans la mort du jeune homme.
Il avait précisé avoir "mûri cette idée (d'enlèvement) depuis le mois de décembre 2005 avec un ami à moi", Craps, rencontré durant un "séjour en prison".
"Notre stratégie, a dit Fofana, a consisté à attirer nos victimes au moyen de jeunes filles chargées de séduire les personnes ciblées vers nous pour qu'on procède à leur arrachage (enlèvement)".
Sur la fin de l'enlèvement, il a raconté avoir "demandé aux geôliers d'Ilan de mettre" le jeune homme "en sang car ne pouvant plus le garder".
Sur la mort d'Ilan, il avait chargé ses complices et affirmé que Craps lui avait "dit qu'ils avaient abandonné le corps après l'avoir cramé et que l'affaire avait mal tourné".
Au total, avec Youssouf Fofana, 22 personnes sont poursuivies à ce jour dans ce dossier, dont 19 ont été placées en détention provisoire.
Gardes à vue irrégulières, banalisation des fouilles à corps, menottages de plus en plus systématiques: la Commission nationale de la déontologie de la sécurité (CNDS) a été saisie en 2005 de 108 plaintes, soit une hausse de 10%, dont 72 contre la police nationale, indique-t-elle dans son rapport annuel publié mercredi.
Dans ce document, la commission "s'inquiète" aussi des manquements à la déontologie dans les affaires touchant des mineurs et des étrangers (demandeurs d'asile ou en situation irrégulière), avec une "augmentation sensible" de ce type de dossiers.
Les affaires examinées en 2005 par cette autorité indépendante, chargée "de veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité", ont de nouveau concerné majoritairement la police (49 dossiers), suivie par l'Administration pénitentiaire (7) et la gendarmerie (5).
La commission note un accroissement des affaires montrant une "méconnaissance" de la procédure de garde à vue et des garanties qui y sont attachées (examen par un médecin, rencontre avec un avocat, avertissement de la famille) ainsi que d'une circulaire de 2003 sur la dignité des personnes dans cette situation.
Elle revient sur le cas dramatique du décès d'un homme de 46 ans, interpellé à Paris en octobre 2004 pour conduite en état d'ébriété et retrouvé gisant sur le trottoir, le lendemain de sa garde à vue, victime d'une hémorragie cérébrale.
Faisant état de "présomptions graves de fausses signatures sur les procès verbaux", elle doute que la victime "ait été effectivement remise en liberté à l'heure indiquée sur les PV".
La commission souligne "la multiplication des saisines impliquant des enfants et des adolescents" et une "sur-représentation" des jeunes majeurs parmi les plaignants.
Elle cite le cas d'un garçon de 15 ans, menotté pour un doigt d'honneur lors d'une visite présidentielle à Marseille, gardé trois heures et qui s'est plaint de violences et d'insultes racistes, jugeant "hautement disproportionné" le traitement "musclé" de cette affaire pour un geste déplacé.
Concernant les étrangers, elle juge "inacceptable" que des enfants mineurs aient été placés dans un centre de rétention à Toulouse en tant qu'"accompagnants" de leurs parents alors que le centre ne disposait pas d'espace pour les familles.
Elle cite aussi le cas d'un nourrisson d'un mois né en France, retenu avec sa mère d'origine somalienne dans un véhicule de la PAF (police des frontières) de Rouen "pendant près de huit heures sans eau ni nourriture".
La commission n'a pas de pouvoirs de sanctions mais elle a saisi la justice sur six affaires en 2005.
Avant même la publication du rapport, la police des polices a indiqué mardi que les sanctions contre les policiers avaient augmenté de plus de 14% en 2005.
Une cinquantaine de salariés de France Soir ont manifesté vendredi matin sur la place du Palais Royal à Paris, à proximité du ministère de la Culture et de la Communication, pour protester contre le projet de leurs nouveaux propriétaires.
Une délégation de salariés du journal était reçue à la mi-journée au ministère.
Les manifestants, dont beaucoup avaient revêtu des blousons et casquettes rouges arborant le logo de France Soir, ont déplié une banderole portant le nom du journal et distribué aux passants des exemplaires de l'édition spéciale du quotidien parue vendredi avec le mot "Résistance" comme titre barrant la une.
Ils protestaient contre le projet des nouveaux propriétaires de France Soir, l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois et le journaliste Olivier Rey, qui prévoient de supprimer plus de la moitié des effectifs, conservant 51 salariés (dont une trentaine de journalistes) sur les 112 salariés et la vingtaine de pigistes du quotidien pour publier un tabloïd populaire.
Leur projet a été retenu mercredi par le tribunal de commerce de Lille pour la reprise du journal en difficulté, dont le tirage dépasse de peu les 50.000 exemplaires quotidiens (chiffres Diffusion France payée de OJD), et qui avait été placé en redressement judiciaire à la fin octobre.
Concernant l'examen par les syndicats de la possibilité de faire appel de ce jugement, une élue CGT a indiqué à l'AFP que l'étude de cette éventualité devrait être terminée vendredi après-midi.
L'édition spéciale publiée vendredi est entièrement consacrée à la situation de France Soir, avec une double page de "photos que vous ne verrez plus", ainsi qu'une page culture et une page politique totalement blanches. MM. Brunois et Rey prévoient de supprimer les services politique, culture, photo et documentation du journal.
"On va revenir aux fondamentaux de France Soir", a déclaré jeudi Olivier Rey. "On a fait un projet cohérent au niveau de la gestion et de la reconstruction du titre", a ajouté l'ancien journaliste de France Soir, entre 1977 et 1979.
"On a mis 700.000 euros pour racheter le titre et on reprend 51 salariés", a-t-il précisé.
Un des représentants du projet présent à l'audience au tribunal de Lille mercredi, Guillaume Boureux, a toutefois ajouté que l'objectif était "d'augmenter les ventes du journal et de réembaucher à terme des journalistes".
Hostiles à ce projet, les salariés de France Soir, placé en redressement judiciaire le 31 octobre 2005, s'étaient immédiatement mis en grève.
"Nous allons essayer d'ouvrir le dialogue avec les salariés qui restent, et essayer d'être intelligents de notre côté. J'espère que l'intelligence sera réciproque", a déclaré M. Rey.
"Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui 800.000 euros par mois avec 118 salariés (les salariés sont 112, selon la lettre ouverte favorable à la solution russe publiée mardi dans le quotidien, ndlr), 22 pigistes réguliers et 60 occasionnels?", a-t-il ajouté.
Les salariés plaidaient en faveur du projet présenté par le groupe de médias russe Moscow News de l'homme d'affaires à quadruple nationalité (française, israélienne, angolaise, canadienne) Arcadi Gaydamak, qui prévoyait de conserver tous les salariés. Moscow News a pris le contrôle pendant la procédure de la société éditrice de France-Soir, Montaigne Press.
"Nous sommes en colère, le tribunal a choisi la plus mauvaise solution, celle qui aboutit à licencier le plus et qui donne le moins d'avenir au journal", a déclaré le délégué syndical CGT Christian Gourdet, qui représentait le personnel dans la procédure.
La coordination nationale étudiante, réunie à Nancy, a voté dimanche un élargissement des revendications et appelé à une nouvelle journée d'action ce mardi pour demander le retrait du CNE. Les présidents d'universités espèrent pour leur part une reprise des cours.
Après deux mois de mobilisation contre le contrat première embauche, "je veux croire que l'essentiel des cours reprendront mardi", a déclaré lundi sur France Inter Yannick Vallée, premier responsable de la Conférence des présidents d'université. M. Vallée a espéré que les présidents d'université n'auraient pas à faire appel aux forces de l'ordre et assuré que les seules universités toujours bloquées étaient Nantes et Toulouse, tandis que Rennes est "fermée mais pour des raisons administratives".
Interrogé sur les examens, il "imagine que tout sera terminé d'ici le 14 juillet", expliquant une nouvelle fois que "la plupart des universités vont décaler leurs examens vers fin juin, de trois à quatre semaines". "Tout ça est jouable en récupérant l'essentiel des cours", a-t-il ajouté, en se disant "persuadé que l'ensemble de nos personnels feront tous les efforts qu'il faut pour que nos étudiants passent leurs examens dans les meilleurs conditions possibles".
"Dans certains cas, là où le mouvement a commencé tôt et s'est fini tard, il faudra envisager quelques examens en septembre", avait pourtant estimé dimanche soir sur Europe 1 le ministre délégué à l'Enseignement supérieur François Goulard, qui a assuré que "la majorité des facultés reprendront les cours mardi".
La coordination nationale étudiante, réunie à Nancy et dont on peine à évaluer le poids après le retrait des principaux syndicats du mouvement anti-CPE, à la suite du retrait de cette mesure par le gouvernement, a pourtant voté dimanche un élargissement des revendications et appelé à plusieurs journées d'actions les 18 et 25 avril, et le 1er mai. Quelque 200 étudiants mandatés de 31 universités étaient présents; un seul délégué lycéen (de Tours) participait. Selon la coordination, 31 universités sont encore perturbées et 18 sont bloquées.
Une journée d'action a été décidée pour le 18 avril, notamment pour dénoncer la loi sur l'Egalité des chances dans son intégralité et le projet de loi sur l'immigration, et pour demander le retrait du CNE (contrat nouvelle embauche). Le 25 avril a été décrété par la coordination journée contre la répression et le 1er mai, "journée de convergence avec les salariés".
Concernant les blocages et occupations d'universités, M. Vallée a jugé "assez scandaleuses" les dégradations constatées à l'université Grenoble 2, dont il a visité les locaux, énumérant "beaucoup de tags, des choses cassées, le système électrique cassé, entre 200 et 300.000 euros de frais". Qui paiera? "L'université fatalement", a-t-il répondu. "On peut se retourner vers le ministère, mais je pense que c'est l'ensemble des étudiants qui vont, indirectement payer ces dégradations. L'argent qui sera dépensé pour détaguer et remettre en état ne sera pas investi dans la formation".
Un Sonar dernière génaration ultra sophistiqué, perdu par une frégate de la marine française alors que son capitaine faisait des essais en mer agitée, en désaccord avec ses lieutenants.
La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a estimé mercredi que la perte d'un sonar fin mars par une frégate de la Marine pourrait avoir une "origine technique". Elle a confirmé que le coût de cet incident se monterait à trois millions d'euros.
Une enquête de commandement doit déterminer "quelle est l'origine technique ou humaine du problème", a-t-elle précisé à l'issue du Conseil des ministres. "J'aurai cette enquête de commandement ce soir".
D'après Mme Alliot-Marie, les "premiers éléments" semblent "montrer qu'il s'agit d'un problème technique de sortie du câble de sa réa".
"C'est l'élément externe d'un système de détection des sous-marins qui est monté depuis 1996 sur ce type de bâtiment. Il y a eu au retour, à la remontée, qui s'est faite dans des conditions de grosse mer (...), un problème technique puisque le filin est sorti de la réa dans laquelle il est", a-t-elle expliqué. Interrogée sur le coût de la perte de ce sonar ultrasophistiqué, la ministre de la Défense l'a évalué à "trois millions d'euros".
"Le Canard Enchaîné" publié mercredi a révélé que la Marine nationale avait perdu un sonar dans la nuit du 24 au 25 mars derniers lors d'un entraînement de routine dans le golfe de Gascogne de la frégate "De Grasse", navire de guerre spécialisé dans la lutte anti-sous-marine.
En dépit de conditions météo "mauvaises" et d'une mer "agitée", un "gigantesque sonar ultrasophistiqué", installé à l'arrière du bâtiment, a été largué à la mer: ce sonar de "dix tonnes", relié à un câble long de trois kilomètres, est capable "de repérer un sous-marin ennemi à 150m de distance, ajoute "Le Canard enchaîné". Au moment de remonter l'engin à la surface, le câble, tendu, aurait cédé, laissant le sonar reposer au fond de l'Atlantique.
D'après l'hebdomadaire, ce sonar en service sur la frégate "De Grasse" depuis 1996 est doté d'équipements qui en font l'un des "plus performants de la planète". Il n'en existe "que deux en France, le second équipant une autre frégate sous-marine, le 'Tourville"'
La frégate "De Grasse" a perdu en mer un sonar de pointe, dont la valeur est estimée à 50 millions d'euros.
![]() La frégate De Grasse (Marine Nationale) |
Découverte de quatorze corps dans l'ouest de la Guyane.
Quatorze corps ont été découverts vendredi dans une case de Loka, lieu-dit de la commune de Papaïchton, dans l'Ouest de la Guyane, a indiqué à l'AFP la gendarmerie de Saint-Laurent-du-Maroni
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