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Chronique

 

Une bien pauvre image.

Alors que notre pays est secoué par une information épouvantable, la mort de Mathias et celle de Madison une petite fille d'Eyguiére, par des affaires au plus niveau de l'état qui mettent en cause notre démocratie, c'est avec stupéfaction ce matin que nous avons pu entendre sur RTL une emission spéciale sur la "divulgation" des participants au mondial de foot. Il ne s'agissait que de radio, et m'a t-on dit la vie continue malgré tout..... alors soit....

Mais à 13 heures les journaux de TF1 et France 2 qui annoncent en première info la "divulgation de la liste des joueurs sélectionnés" au mondial de foot, traitant la nouvelle comme étant "la fin d'un long suspens", la c'est plus de la radio c'est de la télé, c'est le journal , c'est de l'INFO, et la une envie de vomir m'est venue.

Comment la rédaction de l'info de ces deux chaines a t-elle pu traiter une info secondaire au premier plan en exposant ainsi son manque total de déontologie.

Quel respect pour les familles des deux petites victimes et les résultats des investigations qui ont amenées a l'arrestation des coupables présumés ?

Un honte, oui une honte et une bien pauvre image.

Quand les principales informations sont le sport et la c'est même pas du sport, c'est même pas un résultat, c'est juste une composition d'équipe, le décalage avec ce qu'on attend d'un journal télévisé est tel qu'il nous donne envie d'ignorer à jamais les jt.

HD

 

Dossier du dimanche

Malade, une vieille dame a été incarcérée parce qu'une juge voulait l'entendre.

Simone Lafleur, 71 ans, «morte en prison, pour rien»

Richard Dumas peine à parler. S'énerve :

 

 «Vous n'êtes jamais rien devant la justice.» Puis : «Quand j'ai veillé le corps de ma mère, il y avait deux voitures de policiers en permanence pour me surveiller. Mais pour s'occuper de la santé de ma mère, ça non. Morte en prison, pour rien. Vous vous rendez compte ? Elle était malade, gravement malade.» Mardi, devant le doyen des juges d'instruction auprès du tribunal de Nice, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée après le décès en prison de Simone Lafleur, pour non-assistance à personne en danger et homicide involontaire. Elle avait 71 ans. Une juge d'instruction au pôle financier de Paris, Maryse Leroux, voulait à tout prix l'entendre pour une affaire vieille de six ans. Simone Lafleur est morte quelques heures à peine après avoir été interpellée à Grasse.

La juge se dit, aujourd'hui, attristée. Ne veut rien dire de plus. A l'évidence, pour elle, chacun a fait son travail, rien que son travail. Car le dossier qu'elle instruisait était, dit-on, lourd : une affaire d'escroquerie aux statues de jade de plusieurs millions d'euros. Des bandes, bien organisées, sont arrivées à vendre des statues, présentées comme historiques, à des gogos très riches. Certains membres de la famille de Mme Lafleur sont impliqués. Une affaire si tendue que la juge a bénéficié, un temps, d'une protection policière.

«Ses mains tremblent». Le mois dernier, six ans donc après les faits, la juge décide d'interroger Simone Lafleur. Elle habite près de Grasse. Son adresse est connue. Ses comptes en banque auraient pu servir de lieux de transit aux transactions. La juge évoque une éventuelle mise en examen «pour escroquerie en bande organisée et blanchiment». Et délivre un mandat d'amener. Le 10 mai, des gendarmes de Paris l'arrêtent sans aucune difficulté. Et la conduisent, en fin de matinée, à la gendarmerie de Cagnes-sur-Mer. «Je suis prévenu vers 11 heures, raconte son fils. Je savais que cela allait la secouer. J'ai aussitôt pris son dossier médical et ses médicaments. J'ai pris de l'eau aussi. Vous savez, ma mère est très malade, elle est diabétique, elle fait des oedèmes pulmonaires.» Il raconte : «Quand je la vois au commissariat, elle est nerveuse. Je la trouve très blanche. Je la console un peu.» Un médecin légiste passe. Reste peu de temps. Note dans son certificat : «Etat de santé compatible avec le mandat d'amener, sous réserve de poursuite du traitement médicamenteux.»

Comme le veut la procédure, faute de pouvoir être transférée aussitôt à Paris, Simone Lafleur est conduite devant le substitut du procureur. Il est 14 heures. La vieille dame fait part à nouveau de son mauvais état de santé. Le substitut est perplexe. Il téléphone à la juge parisienne, qui maintient sa décision. «Il y a un certificat du médecin disant qu'elle peut être incarcérée», rappelle le procureur de Grasse. Devant le substitut, Simone Lafleur l'alerte une nouvelle fois : «Je tiens à signaler que j'ai des problèmes de santé et que je suis astreinte à un traitement rigoureux pour le coeur, insuffisance rénale et diabète. Je consens à être transférée et je demande, pour que cela ne nuise pas à mon état de santé, que cela se fasse le plus rapidement possible.»

En fin d'après-midi, à son arrivée à la prison de Nice, un surveillant la prend en charge. Et s'inquiète ouvertement. Il raconte, par écrit, «que ses mains tremblent de façon importante». Il ajoute : «Vu l'état apparent précaire de sa santé, vu la quantité considérable de médicaments dans ses sacs, nous avons jugé préférable qu'elle soit dirigée vers le médecin de l'établissement, et ce de manière urgente.» Ce qui est fait, mais cela ne change rien à l'implacable logique : peu après, elle est incarcérée dans une cellule avec trois codétenues. «Le lendemain matin, raconte son fils, je reçois un appel de l'assistance sociale de la prison qui me demande d'apporter des vêtements. C'est tout.» A 17 heures, la directrice de la prison l'appelle. «Votre maman est décédée.» En début d'après-midi, alors que les codétenues n'étaient plus dans la cellule.

Geste peu habituel. «On va parler d'un enchaînement de malheureuses circonstances, lâche Françoise Cotta, avocate de Richard Dumas, avec Claude-André Chas. On va évoquer le stress de la détention. Quand on est en situation d'accusée, on ne vous croit pas, alors qu'il était évident pour tous que c'était une femme très malade.» Pierre-Olivier Sur, avocat de la partie civile dans le dossier, n'accuse personne. «Dans cette affaire, je comprends la décision du juge d'un mandat d'amener, eu égard à toutes les surprises qui ont jalonné l'instruction et à toutes les manipulations dont la justice a été victime. S'il y a une responsabilité, ce n'est pas un problème de procédure, mais plutôt de diagnostic médical.» Seule, la directrice de la prison de Nice osera un geste peu habituel ; après le décès, elle autorise le fils à entrer dans la prison pour se recueillir quelques instants devant le corps de sa mère.

Richard Dumas ne sait plus quoi dire. «Cela ne sert à rien, vous parlez à un mur.» Ses avocats se montrent accusateurs dans la plainte : «Le fait d'avoir ignoré cet état de santé constitue les délits de mise en danger d'autrui, de non-assistance à personne en danger et d'homicide involontaire.» Ils précisent : «Ni le magistrat instructeur, ni les officiers de police, ni le médecin légiste, ni le personnel d'accueil de la maison d'arrêt, ne pouvaient ignorer la gravité de l'état de santé de madame Lafleur.»

Selon toutes vraisemblances, l'autopsie parlera de «mort naturelle».

 

EUROVISION 2006 
la France se contentera de 5 points.

 

C’est avec le titre "Hard Rock Hallelujah", que les cinq monstres du groupe Lordi ont remporté le 51ème Concours de l’Eurovision, donnant pour la première fois la victoire à la Finlande.

Entre les Espagnoles de Las Ketchup, les cow-boys décalés allemands, les belles chanteuses moldaves, croates et macédoniennes, la "Shakira" ukrainienienne et les petits comiques lituaniens, ce sont finalement les monstres finlandais qui ont réussi à s’imposer. C’est donc à nouveau l’originalité qui aura été récompensée lors de ce concours.
Et c’est une grande première dans l’histoire de l’Eurovision : le public a permis à un groupe de hard-rock de terminer en tête du classement, avec un total de 292 points. A l’autre extrémité du tableau, on retrouve aux trois dernières places la France, Israël et Malte...

La jeune Ardéchoise de 26 ans, Virginie Pouchain, termine donc avec un total de seulement 5 points, attribués par Monaco et l’Arménie.

Un léger mieux...

Rappelons que la France n’a plus remporté le kitschissime concours depuis 1977 ! Marie Myriam avait à l’époque connu un véritable triomphe à travers le monde avec "L’oiseau et l’enfant" traduit dans plusieurs langues (et repris cette année par la chanteuse Karol), ce qui lui assure depuis un passage obligé à la télévision, chaque année, lors du fameux concours afin attribuer les points français... Délivrons Marie Myriam de cette corvée annuelle !
La France a failli y parvenir en 1990, grâce à une chanson signée Serge Gainsbourg et magistralement interprétée par Joëlle Ursull, le tube "White & Black Blues" avait alors terminé sa course sur la deuxième marche du classement ; et l’année suivante, avec Amina et "Le dernier qui a parlé", terminant première ex-aequo. Le comité de l’Eurovision avait cela dit fait gagner la représentante suédoise car, comme le veut le régalement, en cas d’égalité, la victoire revient au pays ayant reçu le plus de douze points (maximum que l’on puisse attribuer lors des répartitions). Natasha St-Pier en 2000 et Sandrine François en 2001 avaient, cela dit, réalisé de beaux parcours, se classant respectivement 4ème avec "Je n’ai que mon âme" et 5ème avec "Il faut du temps".
Depuis, c’est chaque année l’hécatombe ; jusqu’à l’an dernier où la France a atteint des sommets de réussite avec Ortal et "Chacun pense à soi", honteusement classée avant dernière... En 2006, la France se classe "avant avant dernière", gagnant une place par rapport à l’année 2005

 

la "drague de certains électeurs"



Entretien.

 Dans l'édition de lundi du Parisien, Yannick Noah estime que la loi sur "l'immigration choisie" traduit la "volonté de certaines personnes de draguer certains électeurs".

  Yannick Noah (AP)
Yannick Noah 
 
La loi Sarkozy sur l'immigration "choisie" fait grincer de nombreuses dents, et notamment celles de l'ancien champion de tennis, Yannick Noah. Dans un entretien au Parisien paru lundi 22 mai, l'athlète reconverti en chanteur s'en explique. "Je me sens touché" par cette loi, "parce que tout cela, c'est une partie de moi", explique-t-il, en assurant toutefois qu'il n'est engagé auprès d'aucun parti politique.
Sur l'interprétation qu'il donne de la loi, Yannick Noah ne laisse aucun doute, et sonne la charge contre la clique du ministre de l'Intérieur. Pour lui, le texte sur l'immigration "choisie", "c'est la volonté de certaines personnes de draguer certains électeurs, quel que soit le prix à payer, dans une France terre d'asile, pays des Droits de l'homme".
S'il dénonce une stratégie électoraliste du camp du président de l'UMP en vue des présidentielles de 2007, Yannick Noah constate également dans les faits, l'impact réel du durcissement de la législation migratoire en France.

"Je me sens responsable"

Dans le Parisien, il déclare, "il y a des gens de ma famille qui ne peuvent plus venir, qui ont du mal à avoir des papiers, qui sont renvoyés".
"Je suis entre les deux, alors je me sens aussi responsable", regrette-t-il.
Interrogé sur l'embrasement des banlieues de l'automne dernier, le vainqueur de Roland Garros en 1983 apparaît quelque peu désabusé. "Les jeunes ont gueulé. Ils ont peut-être pensé que cela allait changer parce que les médias, les politiques en ont parlé", constate-t-il. "Aujourd'hui ça continue d'empirer". L'ouverture des grandes écoles aux jeunes issus des quartiers défavorisés ? Yannick Noah y croit peu. "Il y a juste trente gosses défavorisés qui vont aller en prépa au lycée Henri-IV", "c'est juste un truc d'image", regrette-t-il.
Enfin, interrogé sur son engagement politique, Yannick Noah avoue qu'il souhaiterait s'engager politiquement, "mais je ne sais pas pour qui". S'il avoue une sensibilité de gauche, il ne "se sent proche de personne". En revanche, l'ancien champion affirme qu'il est "engagé sur le plan social".

 

les experts présentent leurs prévisions sur le réchauffement à Bruxelles

 

Le réservoir de Limonar, près de Malaga, touché par la sécheresse, le 17 août 2006

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), qui réunit les experts du monde entier, publie vendredi matin à Bruxelles son rapport sur les impacts du réchauffement évaluant les coûts humains et économiques d'une terre en surchauffe.

Inondations, sécheresses, vagues de chaleur, tempêtes, extinction massive d'espèces - de 20 à 30% d'entre elles menacées - sont quelques-unes des perspectives qu'ils dessinent, selon le projet de document soumis à leur validation et alors que la température moyenne de la planète a déjà gagné 0,74°C en un siècle.

Les délégués réunis depuis lundi à Bruxelles doivent rédiger un "résumé à l'attention des décideurs", synthèse en une vingtaine de pages des 1.400 de leur rapport final, dont chaque ligne est pesée et négociée avant son adoption par consensus.

Mais à quelques heures de la publication officielle du texte, les négociations traînaient en longueur: les travaux ont pris du retard en raison de l'hostilité de la délégation américaine à toute "quantification" des dégâts que pourra occasionner le réchauffement, alors que les Européens "entendent donner un signal fort", selon un délégué occidental.

Des pays comme la Chine, la Russie ou l'Arabie saoudite ont également tenté de "minimiser la portée des données scientifiques" afin d'éliminer des observations prouvant que le changement climatique se traduit déjà par des impacts négatifs, selon la même source.

Le Giec a publié en février à Paris le premier volet de ses travaux, consacré aux aspects scientifiques du réchauffement, dans lequel il attestait de la responsabilité humaine dans le réchauffement. Il estimait que la température moyenne de la terre (qui se situe actuellement autour de 15°C) pourrait gagner de 2 à 4°C d'ici 2100 par rapport à 1990 et jusqu'à 6,4°C dans le pire des scénarios envisagés.

Les conséquences les plus pénalisantes devraient frapper les pays en développement, en Afrique et en Asie principalement. Au total, estiment les experts, d'ici 2080, jusqu'à 3,2 milliards d'humains pourraient souffrir de pénuries d'eau sévères et 600 M être exposés à la faim.

Chaque année, des millions de personnes supplémentaires subiront des inondations, notamment sur les côtes où la pression démographique s'accentue et dans les grands deltas d'Afrique de l'Ouest, d'Asie ou du Mississipi.

Le résumé à l'attention des décideurs qui doit être dévoilé vendredi est destiné à éclairer leurs politiques d'adaptation à ces perspectives, tout en les incitant à lutter contre le futur réchauffement par des accords internationaux limitant les émissions de gaz à effet de serre.

"on a tout essayé, ce n'était plus possible" déclare Cécilia


Confessant avoir "rencontré quelqu'un" en 2005, être "tombée amoureuse", puis être "partie" du foyer conjugal, Cécilia Sarkozy a admis être "rentrée à la maison il y a un an" pour "essayer de reconstruire quelque chose", mais sans y parvenir.

"Ce qui m'arrive est arrivé à des millions de gens: un jour, vous n'avez plus votre place dans le couple. Le couple n'est plus la chose essentielle de votre vie, ça ne fonctionne plus, ça ne marche plus", a expliqué l'ancienne "première dame". "Nous avons essayé de reconstruire, de rebâtir, de faire passer la famille avant le reste, cette famille recomposée dont tous les Français ont parlé, de la faire passer en priorité, mais ce n'était plus possible. On a tout essayé, j'ai tout essayé. Simplement, ce n'était plus possible", a-t-elle poursuivi.

Au-delà des difficultés personnelles du couple, commentées dans les médias, Cécilia Sarkozy a déclaré vouloir se "retirer de la vie publique" car celle-ci "ne (lui) correspond pas", elle-même se décrivant comme "quelqu'un qui aime l'ombre, la sérénité, la tranquillité". "J'avais un mari qui était un homme public, je l'ai toujours su, je l'ai accompagné pendant vingt ans. Ce combat a abouti à un endroit, quelque part où je trouve qu'il est formidable (...) Mais moi, je pense que ce n'est pas ma place. Ce n'est plus ma place", a-t-elle affirmé.

"Pendant un an, j'ai essayé de m'engager professionnellement, personnellement, mais ça n'allait pas tous les jours", a confié Cécilia Sarkozy, expliquant ses absences répétées à des événements nationaux (vote au deuxième tour de la présidentielle) ou internationaux (départ du G8) par sa volonté de "ne pas (se) montrer, ne pas (s)'exposer, (se) protéger".

Si elle s'est dite "très fière" de son ex-mari le soir de son élection à l'Elysée, Cécilia a nié avoir "jamais voulu faire d'ingérence en quoi que ce soit" dans ses fonctions. "Tout ce qui est nominations, décisions, je ferme la porte du bureau", a-t-elle observé. "Nicolas", dont elle n'a prononcé le prénom qu'une seule fois durant cette interview fleuve, "n'a absolument pas besoin de ce genre de conseils", a précisé l'ancienne épouse du président, se décrivant au mieux comme un "garde-fou" pour lui. C'est également Nicolas Sarkozy qui a pris la décision, "sans (lui) en parler parce qu'il a pensé que c'était bien ou mieux pour" elle, de ne pas la faire auditionner par des parlementaires français sur la libération des infirmières bulgares en Libye, a avancé Cécilia Sarkozy.

Cécilia Maria Sara Isabel Ciganer, 49 ans, s'est mariée à Nicolas Sarkozy en 1996, après plusieurs années de vie commune. Dès 1988, elle est devenue sa collaboratrice à l'Assemblée nationale. En 2002, elle a pris une place prépondérante dans son cabinet de ministre de l'Intérieur, sans figurer sur l'organigramme officiel. Installée dans un bureau contigu au sien, elle a participé à toutes ses réunions. Elle l'a suivi au ministère des Finances en 2004 comme conseiller technique puis comme chef de cabinet quand il est devenu président de l'UMP.

C'est par un communiqué lapidaire de 15 mots que le couple présidentiel a officialisé jeudi ce qui faisait presque régulièrement la Une des médias. "Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire", annonçait à 13H20 un communiqué de l'Elysée. Environ deux heures plus tard, le porte-parole de l'Elysée David Martinon annonçait que, selon un nouveau communiqué, le couple présidentiel avait "divorcé par consentement mutuel".

Leur avocat commun, Me Michèle Cahen, explique dans un entretien au Parisien publié vendredi que "le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy a été prononcé lundi 15 octobre devant la présidente des juges aux affaires familiales de Nanterre, Mme Choubrac". "Ils se sont tous les deux présentés au tribunal, en ma présence, et ont réitéré devant la magistrate leur volonté de se séparer. Le divorce est donc acté", précise-t-elle.

Cette annonce par étapes du divorce du couple présidentiel est survenue alors que le président vivait sa première épreuve de force sur le terrain social, avec une grève nationale sur les régimes spéciaux de retraite. Premier divorcé élu à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, 52 ans, est donc également le premier chef d'Etat français à divorcer pendant son mandat. Mariés depuis 1996, le couple a un fils, Louis, agé de 10 ans, qui résidera "de façon habituelle" chez sa mère et "gardera des contacts très étroits avec son père", a précisé Me Cahen, interrogée sur RTL.

Le couple offrait l'image d'une famille recomposée, avec leurs enfants Judith et Jeanne-Marie, nées d'une première union de Cécilia avec l'animateur Jacques Martin, et Pierre et Jean, issus du premier mariage de Nicolas Sarkozy. Le président et son épouse, 49 ans, s'étaient déjà séparés en 2005, avant de se retrouver un an plus tard.

Après avoir été très présente à ses côtés dans la vie politique - elle fut notamment sa chef de cabinet à l'UMP - Cécilia Sarkozy s'était mise en retrait, n'apparaissant quasiment pas en public pendant la campagne présidentielle. Mais on lui prêtait une influence importante dans l'ombre.

Le président, qui n'a jamais fait mystère de l'importance de son épouse à ses yeux et qui multipliait publiquement hommages et attentions, avait affirmé pendant la campagne et depuis son élection que son épouse "aurait un rôle", encore à définir, auprès de lui à la présidence. Le couple ne s'était toutefois pas installé à l'Elysée et Mme Sarkozy n'avait fait que très peu d'apparitions officielles.

Elle était en revanche intervenue de façon aussi spectaculaire qu'inattendue dans le dossier des infirmières bulgares détenues en Libye, faisant deux fois le voyage de Tripoli comme "émissaire personnel" de son époux et raccompagnant les infirmières à Sofia dans un avion officiel français.

Le président de la République effectue un voyage officiel en Algérie dans une ambiance glaciale 


France / Algérie : Nostalgie coloniale et nouvelle coopération

Le racisme qui suintait de son discours de Dakar, son refus de condamner le passé colonial, la chasse aux immigrés qu’il réclame de son ministre Hortefeux, son alignement sur la vision américaine du choc des civilisations ont créé un climat de défiance et même d’hostilité. Un triste ministre algérien a pu s’y engouffrer pour une sortie antisémite, une déclaration insupportable... qui permet d’ailleurs à Sarkozy d’échapper à sa mise en cause.

La reconnaissance des crimes des colonisateurs français est un impératif pour que les deux peuples puissent se tourner ensemble vers l’avenir. Ce qui s’impose, ce n’est pas une "repentance" d’un peuple français qui n’a pas collectivement mis la main au crime mais la reconnaissance d’une histoire sanglante, étape indispensable à la "réconciliation des mémoires" des deux rives de la Méditerranée.

Il y faut une autre hauteur de vue que celle de Sarkozy qui continue à juger l’histoire dérangeante "qui est là et continue parfois à s’interposer entre nous". Certains hommes d’Etat s’en sont montrés capables, Mitterrand tenant la main d’un chancelier allemand, Willy Brandt à genoux devant les crimes de la déportation et la Shoah, Chirac reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans l’extermination des juifs français.

Dans un entretien à l’agence algérienne APS, le président se borne à renvoyer dos à dos « des blessures des deux côtés qui ne sont pas refermées » et propose une sorte de compromis pour « rapprocher notre lecture de l’histoire ».

Si depuis des mois l’Elysée laisse réhabiliter les criminels de l’OAS, ces terroristes qui massacrèrent des milliers d’algériens et s’attaquèrent aux partisans français de l’indépendance algérienne, ce n’est pas seulement pour flatter la vieille fibre colonialiste de la droite française ni pour finir d’apprivoiser l’extrême droite. Ce n’est pas une réaction d’orgueil ni de susceptibilité. Admettre la brutalité du pillage des pays colonisés, l’humiliation des peuples opprimés, les séquelles qui demeurent de la destruction des sociétés de ces pays, cela impliquerait des rapports de réparation, une coopération nouvelle non pas du plus fort au plus faible mais entre égaux où l’intérêt mutuel des peuples l’emporterait sur l’appétit vorace des multinationales.

Or ce sont les contrats juteux pour les grandes firmes françaises – et cela d’abord – qui motivent Sarkozy. Cinq milliards d’euros sont espérés lors de cette visite. La hausse des prix du gaz et du pétrole n’a pas vraiment amélioré les conditions de vie des Algériens mais elle en a fait un pays solvable. Pour empêcher qu’il se tourne vers les groupes américains, Sarkozy propose un partenariat pour dix ans et agite la perspective d’une « union méditerranéenne ». Jusqu’alors, rien n’autorise à espérer qu’il propose à l’Algérie autre chose que « travailler plus pour faire gagner plus » à des firmes comme Total qui convoite les hydrocarbures et va y investir 1,5 milliards de dollars.

L’enjeu n’est donc pas une petite querelle de mots ou une archaïque dispute en responsabilité. Il en va de notre avenir commun, des possibilités de construire une humanité plus solidaire.


Bella Ciao


de Sagot-Duvauroux Jean-Louis, Philosophe.

Le libéralisme est convaincant. Ses idées, surtout l’idée que son règne est fatal, occupent une majorité de consciences. Elles ne les occupent pas sans raison.

L’influence du libéralisme tient d’abord au contenu positif de sa proposition politique. Il affirme que l’histoire de la liberté a trouvé son cadre. La démocratie représentative, la production capitaliste, la mondialisation des échanges, la consommation de masse, le maintien de la sécurité internationale par les puissances occidentales, l’unification de la culture humaine grâce à l’universalisation de ses valeurs en seraient l’indépassable horizon. Certes, il lui reste à faire pour étendre les libertés qu’il adoube. Il existe encore sur la planète beaucoup de régimes qui contreviennent au principe libéral. La liberté des consciences et des mœurs se heurte à de puissants vents contraires qui provoquent des turbulences au cœur même des cercles dirigeants.

Une part importante de la production et de la distribution des richesses est dirigée par des mécanismes mutualistes ou étatiques dont on nous dit qu’entravant la liberté du marché, ils nuisent à la prospérité globale. La sécurité de l’ordre mondial ainsi défini n’est qu’imparfaitement assurée. Le tableau peut être perfectionné, mais son cadre est tracé. Est-ce le paradis ? Nul ne le prétend. Pour s’imposer, la liberté libérale use abondamment du contrôle administratif, de la violence policière et parfois de la guerre. La liberté du marché creuse les inégalités ; elle entretient un rapport prédateur aux ressources naturelles. Le règne occidental déracine les modes de vie qui ne lui ressemblent pas.

Décrétant caduc tout mouvement vers davantage de liberté, le libéralisme élève partout, contre ces mouvements, des barrières et des contraintes qui dénaturent jusqu’aux droits sur lesquels il prétend fonder sa vocation à l’immortalité : droits de l’homme, droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, souveraineté populaire, etc. Beaucoup, beaucoup souffrent. Mais durant le XXe siècle, le paradis nous a été promis sous la figure du communisme au nom d’une liberté supérieure. Et le résultat n’a pas été probant, c’est le moins qu’on puisse dire. Le libéralisme puise dans cette défaite le plus fort de ses arguments. Il en déduit qu’aucun autre monde n’est possible, sauf en pire. L’émancipation humaine peut-elle franchir le bornage libéral sans se retourner en son contraire ? Telle est la question politique centrale de ce début de siècle.

Beaucoup d’humains, sans doute une large majorité, ne trouvent pas leur compte dans la clôture libéraliste de l’histoire. Quelques-uns refusent d’en admettre la fatalité. Mais ceux-ci ne pourront pas être à leur tour convaincants s’ils persistent à se définir par l’accumulation négative des anti : anti-libéral, anti-capitaliste, voire anti-occidental.

Je pense que l’émancipation humaine, vieux rêve autour duquel se sont construites des inventions politiques que nous aimons, est la bonne boussole pour avancer. Elle prend à bras le corps la question de la liberté, hier malmenée par des communistes, aujourd’hui confisquée par le libéralisme, cœur du débat. Elle propose d’en rouvrir l’histoire, de rouvrir l’histoire proprement politique de l’autonomie. Or, à ce point de l’aventure humaine, la liberté en marche débouche immédiatement là où bute le libéralisme, sur l’égalisation des conditions politiques, économiques, symboliques.

Pourquoi émancipation et non pas communisme ? Peu contestent qu’un inventaire sans concession doit être appliqué au communisme tel qu’il s’est concrètement développé dans ses perspectives, dans ses théorisations, ses organisations, ses histoires, ses engagements politiques, ses programmes, et aussi dans les institutions que les rapports de force lui ont permis d’établir. Peut-on faire l’inventaire du communisme au nom du communisme, s’inventer un communisme abstrait, pur et sans tâche qui n’a jamais existé nulle part et l’instituer en tribunal du communisme concret ? Ça me semble hasardeux, parce que ce pur idéal communiste a naguère été efficacement convoqué pour justifier les horreurs commises par des communistes. Par quel tour de passe-passe fournirait-il aujourd’hui une optique fiable à ceux qui veulent porter la critique sur ces horreurs ?

Quels qu’aient été ses vices ultérieurs, le communisme concret s’est originellement institué au nom de l’émancipation, tension politique millénaire en faveur de l’autonomie des individus et des collectivités. Il a dessiné des perspectives libertaires de haut vol : dépérissement de l’État et de l’entreprise capitaliste au profit de la libre association, abolition du salariat au profit de la libre activité, égal accès de tous aux richesses (à chacun selon ses besoins), disparition de la valeur d’échange et de la forme marchandise. Il a inscrit ces perspectives émancipatrices dans des histoires singulières, celles vécues par les classes ouvrières majoritairement masculines de pays industriels souvent impériaux. Mais dans le concret, le communisme a servi l’émancipation en même temps qu’il l’a combattue, sa perspective émancipatrice justifiant le totalitarisme de certaines de ses pratiques. Le communiste Ambroise Croizat institue la sécurité sociale (« à chacun selon ses besoins de santé ») par un « mouvement qui dépasse l’ordre des choses existant » (une des auto-définitions du communisme) et dans le même mouvement il est membre discipliné d’un parti qui vénère le tyran Staline.

C’est pourquoi je pense que le récurage critique auquel nous sommes aujourd’hui contraints doit placer son optique ailleurs, en deçà ou au delà du communisme, d’un point d’observation où l’on puisse comprendre la façon dont des objectifs libertaires qualifiés de communistes se sont si intimement imbriqués à des pratiques liberticides considérées elles-aussi comme identifiantes du communisme. Il me semble que l’émancipation est une bonne optique pour ça. Du sémaphore de l’émancipation humaine, on voit sans difficulté que le communiste Staline est un tyran et que les inventeurs communistes (et staliniens) de la sécurité sociale émancipent par cette belle invention politique (et communiste) l’accès de tous aux soins. On se place aussi d’un point de vue qui permet de s’affranchir des insolubles difficultés théoriques et pratiques qu’on rencontre dès qu’on veut rétrospectivement distinguer entre certaines formulations de Marx jugées adéquates et une histoire concrète qui les aurait trahies quoiqu’elle s’y soit constamment référée.

L’émancipation condamne-t-elle le communisme ? En dissout-elle la réalité et le vocable ? Non ! Elle permet d’en faire l’inventaire sous le rapport d’un choix politique, celui de la liberté, de l’autonomie. Elle le relativise. D’une certaine manière, elle lui rend une postérité désirable.

Par bien des aspects, le communisme est un des pôles du mouvement d’émancipation (en son axe, émancipation du salariat contre le pouvoir et l’exploitation capitalistes) au même titre que d’autres pôles d’émancipation - l’émancipation féminine, l’émancipation des peuples colonisés, etc. - qui ont eux aussi constitué des formes d’organisation particulières, des théorisations spécifiques, des institutions singulières, qui eux aussi doivent être soumis à évaluation sous le rapport de la liberté concrète qu’ils apportent.

L’émancipation invite ceux qui s’inscrivent dans la lignée politique du communisme (j’en suis) à mettre au pot la singularité de leur histoire après qu’ils auront passé au crible ce qui s’y est fait contre la liberté. Elle admet sans peine qu’ils nomment communisme la figure qu’ils donnent au mouvement de désaliénation. Mais on ne voit pas pour quel avantage les communistes imposeraient leurs théorisations, leurs pratiques, leurs vocables à ceux qui marchent sur le chemin de la liberté concrète par d’autres voies. Le communisme doit admettre sa singularité, c’est-à-dire sa capacité à entrer dans une universalité qu’il n’a pas vocation à coiffer.

L’apport communiste est important et utile pour l’émancipation, parce que la singularité du communisme concret est riche. L’histoire des communistes les prédispose à travailler tout particulièrement les liens qui existent entre les avancées vers l’autonomie et le développement de l’égalité. Refuser aujourd’hui la clôture libéraliste de l’émancipation humaine, c’est refuser que la liberté s’arrête aux portes de l’égalité, comme le voudraient les maîtres du système. Les libertés nouvelles pour lesquelles agissent ceux qui n’acceptent pas cette clôture touchent tout de suite à l’égalité des conditions. Elles fondent cette égalité non dans le social, mais au cœur du politique. Rompre la captation oligarchique des pouvoirs publics qui caractérise aujourd’hui les démocraties représentatives à l’occidentale, c’est aller vers l’égalité des conditions politiques.

Se libérer de la soumission au marché et au capitalisme, c’est aller vers de l’égalité dans l’accès aux biens. Refuser les déséquilibres symboliques entre les hommes et les femmes, les nationaux et les étrangers, les habitants du Sud de la planète et ceux du Nord, c’est donner un contenu concret à l’égalité des identités humaines, à leur libre rencontre. D’autres vertus de l’histoire communiste sont de nature à enrichir tout le mouvement d’émancipation : le goût et l’expérience du « commun » contenus dans le mot même de communisme et dans les belles traditions ouvrières ; la capacité à se saisir des pouvoirs concrets pour instituer des libertés nouvelles ; l’ancrage ouvrier, populaire des partis, organisations ou représentants communistes.

Même ce qui dans le communisme concret est fortement marqué par l’histoire occidentale et sa lourde naïveté impériale n’est pas voué à produire de l’aveuglement. Le rationalisme, la laïcité, le lien au monde industriel peuvent apporter beaucoup au réseau des différents pôles d’émancipation, pour autant que ces traits ne se posent pas en figure unique sur quoi tout mouvement émancipateur devrait se modeler.

La question organisationnelle qui est posée aux appareils politiques des communistes, par exemple le PCF ou la LCR, n’est pas de savoir quelle est la formule la plus efficace pour faire triompher la vérité communiste. Elle est d’imaginer un mode d’organisation qui inscrive efficacement la lignée communiste dans un mouvement d’émancipation pluriel et multiforme.

Bella Ciao

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